Cynthia Tanguay est la directrice générale de Tutorat Saguenay.

Apprendre en s’amusant

Courir dans les corridors de l’école, garder sa casquette, s’asseoir sur la table et lancer des roches. Mais aussi apprendre, consolider ses acquis et amorcer la prochaine année scolaire en confiance. C’est un peu ça, le camp d’été Les petits rusés, offert par Tutorat Saguenay dans les locaux de l’ÉcolACTion, au Séminaire de Chicoutimi.

Mardi matin, lors du passage du Quotidien, après un atelier d’anglais, la collation et les jeux extérieurs, les sept jeunes se préparaient pour leur atelier de français. Non pas dans la classe, avec une feuille et un crayon, mais dehors, avec des craies, des roches, un seau d’eau et un concours de lancer du poids.

La directrice générale de Tutorat Saguenay, Cynthia Tanguay, a eu l’idée d’offrir un camp orthopédagogique aux jeunes de la première à la quatrième année du primaire pour leur permettre de garder en tête les connaissances acquises pendant l’année scolaire. L’activité est ouverte aux élèves du privé et du public, avec ou sans difficulté d’apprentissage.

« L’été, on voyait une glissade dans les apprentissages. Les retards devenaient importants. Le camp permet donc de maintenir les acquis », explique Mme Tanguay.

Le camp utilise les locaux du service de garde de l’ÉcolACTion.

Ouvert à tous, le camp est offert pendant sept semaines, les mardis et les mercredis. On demande un minimum de trois jours aux parents, mais en moyenne, les jeunes sont inscrits pour quatre ou cinq jours. Avec sept participants maximum par jour, les responsables peuvent leur fournir une approche personnalisée.

La formule est dynamique et les jeunes apprennent par le jeu. Ils travaillent tous en même temps malgré leur niveau de connaissance différent puisque les enseignements sont adaptés.

« Par exemple, un élève peut avoir des difficultés en français, mais être très bon en mathématiques. Alors il fait des activités à son niveau en français, mais pousse plus loin en maths. C’est bon pour son estime », explique Mme Tanguay, enseignante et fondatrice de Tutorat Saguenay, un service d’enseignement personnalisé adapté aux enfants.

Et comment faire accepter aux enfants qu’ils doivent retourner à l’école, même pendant les vacances d’été ?

Les sept jeunes qui étaient présents mardi matin sont entourés de Cynthia Tanguay et de l’orthopédagogue Alexandra Chayer.

« Selon les commentaires des parents, ils ne s’en aperçoivent pas tellement. Oui, c’est comme à l’école, mais sous forme de jeux. On essaie de rendre ça le plus agréable possible. C’est comme un milieu scolaire, mais moins strict. On leur montre les côtés positifs. »

Comme Tutorat Saguenay travaille avec quelque 800 familles grâce à l’apport de 70 enseignants, l’organisme a pu cibler quelques enfants et suggérer le camp aux parents. L’enseignante de formation connaissait donc déjà quelques jeunes et a pu préparer des enseignements personnalisés avec l’orthopédagogue Alexandra Chayer et les aides-enseignantes Marie-Ève Lachance et Marie-Pier Poulin.

« Par les années passées, le service était offert individuellement. J’ai trouvé une formule pour les regrouper. L’idée est instaurée depuis mars », précise Mme Tanguay, ajoutant qu’il reste quelques places pour les semaines du 23 juillet au 14 août, au coût de 75 $ par jour, de 8 h 45 à 15 h 45. Un service de garde est aussi offert pour accommoder les parents avec leur horaire de travail. « On ne voulait pas que les horaires deviennent un prétexte pour ne pas participer. »

Du plaisir

La petite Laurie Chamberland, sept ans, commencera sa troisième année après les vacances. Avec Les petits rusés, elle joue et elle s’amuse.

« J’apprends aussi ! J’apprends des additions, du français. C’est différent de l’école. Ici, on ne fait pas la même chose parce que quand on arrive à l’école, on ne joue pas à des jeux, on travaille. Et ici, on peut jouer ! »

Son ami retient sensiblement la même chose. Le jeu prend le dessus sur les contraintes de l’école traditionnelle. « À l’école, on travaille, et ici aussi, mais on ne travaille pas avec des feuilles, mais en jouant », a dit Philippe Tremblay, huit ans, avant de grimper dans la toile d’araignée pour la photo !

En plus des apprentissages qu’ils accumulent dans leur baluchon, les jeunes repartent avec une structure en bois, chaque pièce représentant un acquis réalisé pendant le camp.