Le cofondateur du projet, Jean Gaudreault, anime un atelier sur la nature.

Apprendre dans la nature

Apprendre en dehors du cadre parfois rigide d’une classe traditionnelle, voilà l’un des objectifs du camp scolaire de la Commission scolaire du Lac-Saint-Jean (CSLSJ). Grâce à ce projet pédagogique novateur, les jeunes étudiants de niveau secondaire se retrouvent dans un contexte immersif en pleine nature.

Le projet fondé par Jean Gaudreault, enseignant en sciences, et Jérôme Gagnon, conseiller pédagogique et enseignant en éducation physique, consiste en une période de quatre jours en nature qui est offerte pour le moment à des étudiants de l’École secondaire Jean-Gauthier. 

Les jeunes sont sélectionnés par les enseignants et la direction de l’école. Déjà, le cofondateur Jean Gaudreault voit grand pour son initiative. « On espère l’offrir à d’autres écoles. On voudrait que ce soit offert à tous les jeunes et non seulement à une clientèle qui peut être démotivée pas l’école. Cette expérience fait du bien à tout le monde. On apprend dans plusieurs matières et beaucoup sur l’humain », témoigne-t-il. 

Les groupes constitués, en général de huit ou dix jeunes et de trois accompagnateurs, participent à plusieurs activités axées sur la motivation scolaire, l’estime de soi et les saines habitudes de vie. Pendant quelques jours, les matières scolaires prennent place au cœur de la nature. « On est toujours en train de faire des expériences. La nature est toujours un bon sujet. Les jeunes apprennent en s’amusant et sans le savoir. Ici, ils apprennent des choses qui en classe n’auraient pas tellement de sens », raconte le cofondateur du projet, qui a accueilli une centaine de jeunes au cours des quatre dernières années.

Les journées débutent très tôt et finissent très tard au Camp Patmos, situé dans le secteur de L’Ascension-de-Notre-Seigneur. Là-bas, c’est tout sauf des vacances qui attendent les jeunes alors qu’ils sont en charge de cuisiner les repas lors du séjour. L’activité physique est au rendez-vous, chaque jour, beau temps ou mauvais temps, alors que la coopération est mise au profit de la compétition. Les moments plus calmes permettent aux jeunes d’apprendre à se connaître à travers l’introspection. Lors de notre passage, ils participaient activement à un atelier en nature. La dizaine de participants discutaient des bienfaits d’un tel environnement. 

L’instant de quelques jours, le stress, l’anxiété de performance et les technologies sont mis de côté au profit de la respiration, de la présence attentive et de la pleine conscience. Une jeune participante affirmait que son cellulaire était moins présent depuis son arrivée au camp, ce qui avait un impact direct sur la qualité de son sommeil. 

Pas comme à la maison

Lors de leur passage au camp scolaire de la Commission scolaire du Lac-Saint-Jean, les jeunes font autrement qu’à la maison. « On change les habitudes de vie, et ce, même si c’est seulement pour quatre jours. En aussi peu de temps, on voit ce que les jeunes peuvent accomplir, ce qui donnera l’envie à plusieurs d’investir dans ces changements », raconte Jean Gaudreault. 

La différence est grande dans le quotidien des jeunes et les journées passées au camp scolaire. « À l’école, on travaille davantage l’académique. Faute de temps, on doit mettre certaines choses de côté. Ici, on prend le temps. On est capable de travailler les choses en profondeur et d’aller plus loin avec les élèves », ajoute l’autre cofondateur, Jérôme Gagnon.

À leur arrivée et à la fin du séjour, une auto-évaluation des participants est réalisée en collaboration avec le Conseil régional de prévention de l’abandon scolaire (CRÉPAS). Les suivis effectués, quelques mois après la participation des jeunes au camp scolaire, démontrent l’augmentation du niveau de motivation. En plus du séjour de quatre jours, le programme offre maintenant des journées thématiques pour des classes de 5e et 6e années du primaire.