La démolition de l’ancienne prison de Roberval permettra, entre autres, de créer un stationnement dans le projet de réaménagement du Palais de justice.
La démolition de l’ancienne prison de Roberval permettra, entre autres, de créer un stationnement dans le projet de réaménagement du Palais de justice.

Appels d'offres annulés pour le Palais de justice de Roberval: la SIQ nuance

La Société des infrastructures du Québec (SIQ) a déjà accordé pour environ 15 millions $ de contrats à des entreprises du Saguenay-Lac-Saint-Jean dans le cadre du projet de réaménagement du Palais de justice de Roberval dont la facture globale s’élève à 62 millions $.

Il s’agit de la réponse de la SIQ à un article publié la semaine dernière dans Le Quotidien sur l’inquiétude provoquée dans l’industrie régionale de la construction par une série d’annulations d’appels d’offres. Les appels d’offres en question concernaient des travaux de coffrage, de bétonnage et de finition de béton ainsi que des travaux de génie civil et de remblais.

«La SIQ a annulé certains appels d’offres, n’ayant reçu aucune soumission ou ayant reçu des soumissions dont le montant était considérablement supérieur aux budgets disponibles et aux estimations, pour les travaux visés par ces appels d’offres. Quelques appels d’offres annulés ont été relancés et des contrats octroyés, dont au moins deux à des entreprises de la région, suivant une deuxième publication», a indiqué au Quotidien Priscilla Gagnon, conseillère en communication à la SIQ, sans toutefois préciser la nature des soumissions ni les noms des entreprises qui ont obtenu la confirmation de réalisation de la soumission.

Elle ajoute que la majorité des appels d’offres publiés jusqu’à maintenant en lien avec le projet du palais de justice ont obtenu une réponse positive du marché. Ce sont des travaux civils, de régulation et de contrôle, de plomb, d’armature et de charpente d’acier.

Les entrepreneurs craignent de plus que la SIQ soit tentée d’avoir recours à une disposition du contrat de «gérance de la construction» qui permet à la SIQ d’accorder à la firme Pomerleau des travaux spécifiques quand le marché n’est pas en mesure de répondre adéquatement.

«Par ailleurs, le contrat de gérance de construction prévoit, en plus des services de coordination de chantier, la réalisation de travaux de construction dont l’étendue est à définir en cours de réalisation du projet. Ainsi, pour assurer un suivi rigoureux des budgets et des échéanciers, il peut être requis que le gérant réalise en tout ou en partie certains travaux visés par des appels d’offres annulés», ajoute la conseillère en communication.

Maisons alternatives et des aînés

La SIQ a également répondu à une autre problématique portée à l’attention du Quotidien en lien avec la réalisation du projet de trois maisons alternatives et maison des aînés au Saguenay-Lac-Saint-Jean dans les prochains mois. La SIQ a lancé un appel d’intérêt pour les entreprises intéressées à soumettre leur candidature en vue de réaliser un projet en mode Construction, conception et financement (CCF). Cette pratique implique que les entreprises doivent avoir une capacité financière importante pour supporter le coût global des travaux pendant la construction.

Les craintes de l’industrie régionale sont à l’effet qu’il sera difficile pour les entreprises d’ici de présenter une candidature en raison des exigences financières élevées de ce mode d’attribution de projets. Une seule maison des aînées nécessite des investissements dépassant les 50 M$.

«L’envergure et le grand nombre de projets de maisons des aînés actuellement en cours dans toutes les régions du Québec requièrent l’utilisation d’une approche de gestion par programme et par regroupement de projets. Dans ce contexte, tous les modes de réalisations (entreprise générale, gérance de construction, conception-construction-financement) sont mis à profit pour assurer l’atteinte des objectifs gouvernementaux en matière de coût, de qualité et d’échéancier», a précisé la conseillère en communication dans le courriel transmis au Quotidien.

En mode CCF, précise la SIQ, il n’y a pas de paiement tous les mois pour l’avancement des travaux. Il y a toutefois des versements après certaines phases. Ce qui n’écarte toutefois pas pour autant l’obligation pour une entreprise qui répond à l’appel de candidatures d’avoir une bonne capacité financière. Dans ce type de réalisation, les entreprises locales ou régionales peuvent espérer présenter des soumissions en tant que sous-traitant de l’entreprise qui réalise le contrat global.

«Le gouvernement regroupe à l’occasion des projets régionaux semblables pour générer des économies en les offrant en CCF. Cette information devient publique et les entreprises locales peuvent contacter le gérant de projet pour leur offrir de participer aux travaux en fonction de leur spécialité.»

Priscilla Gagnon ajoute «qu’en ce qui concerne l’accès aux contrats en mode réalisation conception-construction-financement, il faut considérer la création de nouvelles opportunités d’affaires telles que la possibilité, pour de plus petits joueurs de l’industrie en région par exemple, de s’associer afin de répondre aux exigences techniques ou financières».

Il serait donc possible, toujours selon les explications de la SIQ ,«qu’un entrepreneur général, qui a habituellement recours à la sous-traitance, [puisse] profiter de projets en mode CCF pour diversifier son modèle d’affaires et partager la responsabilité du financement et les risques du projet avec un ou plusieurs partenaires par la création d’un consortium».

La société explique que le recours à différentes stratégies dans l’adjudication des contrats gouvernementaux découle des travaux de la Commission Charbonneau. De plus, le gouvernement du Québec opte pour ces solutions afin de réaliser des économies dans la réalisation des projets d’envergure comme ce sera le cas avec la construction de trois résidences dans la région dans les prochains mois.