Appel d'offres pour le pavage à Saguenay: un seul soumissionnaire

L’appel d’offres lancé le 26 avril dernier par Saguenay pour un contrat d’importance, visant à repaver une quarantaine de rues collectrices des arrondissements de Chicoutimi et Jonquière, n’a attiré qu’un seul soumissionnaire, dans un contexte de faible concurrence, de pénurie de main-d’œuvre et de hausse du prix de l’asphalte. Les élus de Saguenay ont été forcés de reporter les travaux jugés trop onéreux. Pour se reprendre, l’appel d’offres pourrait être morcelé en trois, a avancé Michel Tremblay.

Au lendemain de la sortie effectuée lundi par les conseillers Michel Potvin, Michel Tremblay, Jean-Marc Crevier et Raynald Simard dénonçant les importantes hausses de coûts pour le planage à froid, la réfection de bordures de rues et trottoirs et le pavage d’une quarantaine de rues, dont une trentaine dans l’arrondissement de Jonquière, Le Quotidien a constaté que Saguenay n’a pu bénéficier du jeu de la concurrence.

En effet, un seul soumissionnaire a déposé un prix à la suite de l’appel d’offres 2019-194. Il s’agit d’Inter-Cité, qui a déposé un prix de 9 609 417 $, pour la pose de près de 15 000 tonnes métriques d’asphalte de finition de grade PG-58-34 HRD.

Invité à commenter la décision de Saguenay d’annuler l’appel d’offres, Nicolas Riverin, président d’Inter-Cité, a refusé de commenter tout en se demandant où les élus ont pu pêcher leurs chiffres faisant état de hausses variant de 175 % à 325 %. M. Riverin a avoué ne pas avoir aimé que certains élus parlent de Commission Charbonneau dans le dossier tout en se proposant de monter un dossier qui ferait état de la situation réelle.

Interrogé à son tour, l’homme d’affaires Jean-Yves Laberge, spécialisé dans le domaine de l’asphaltage, affirme que seuls de gros entrepreneurs de la taille d’Inter-Cité, Pavex-Sintra ou CAL sont en mesure de réaliser des contrats d’une telle importance disséminés dans les deux arrondissements en raison des équipements ainsi que de l’organisation, de la supervision et de la surveillance de chantier qu’ils nécessitent

« Ce n’est pas n’importe qui qui peut réaliser un tel contrat. Il faut beaucoup d’équipements et beaucoup de travailleurs munis de leur carte de la construction pour réaliser un tel projet, du personnel qui se fait rare. Les prix de l’asphalte ont augmenté de 40 % parce que l’asphalte, c’est du pétrole. On a augmenté nos prix de 40 % », affirme-t-il.

M. Laberge ajoute que les travaux demandés par Saguenay demandent beaucoup d’équipements spécialisés comme un planeur, une machinerie qui vaut à elle seule 1,5 M$, des rouleaux spéciaux et autres que ne peuvent se procurer de plus petits entrepreneurs. Selon lui, de tels travaux s’avèrent plus complexes qu’il n’y paraît puisqu’il est nécessaire de relever les puisards et bordures en plus d’avoir à respecter de plus en plus de normes imposées par la ville pour la présence de signaleurs, la CNESST, la Commission de la construction du Québec, etc.

Bitume à la hausse

Chose certaine, le prix de la tonne de bitume de grade cité plus haut entrant dans la composition de l’asphalte a connu une hausse de 27 % au 1er juin pour s’établir à 1150 $/tm. Au 1er juin 2018, le prix se situait à 905 $ comparativement à 703 $ en 2017 et 522 $ en juin 2016. Ces données sont tirées des résultats des appels d’offres mensuels du ministère des Transports.

L’agitation sociale survenue au Venezuela, d’où provient le bitume, a déjà été évoquée pour expliquer la hausse.

Compte tenu de l’état de situation, le président de la Commission des travaux publics, Michel Tremblay, a évoqué la possibilité de scinder en trois les contrats de réfection de rues en retirant les travaux de trottoirs et bordures dans l’intention d’attirer de plus petits entrepreneurs et ainsi susciter une plus saine concurrence.

« Tout est sur la table, on regarde aussi la possibilité d’effectuer plus de travaux en régie », a-t-il conclu.

Chez Pavex-Sintra et CAL, les appels lancés afin de connaître pourquoi ces entreprises n’ont pas soumissionné à l’appel d’offres de Saguenay sont demeurés sans réponse.