Brahima Gbane, étudiant de 3e année en soins infirmiers au Cégep de Saint-Félicien, intervient auprès d’Apollo, un mannequin intelligent.

Apollo au service des étudiants

Il est doté d’un système sanguin, respiratoire et digestif. Il communique, pleure et émet des bruits lorsqu’il a mal. On le surnomme Apollo, un mannequin intelligent sur lequel les étudiants en soins infirmiers du Cégep de Saint-Félicien peuvent mettre la théorie en pratique.

La chambre d’hôpital dans laquelle il se trouve est moderne et équipée de tout le matériel dont les apprentis ont besoin pour intervenir. À l’image d’une salle d’interrogatoire, de grands miroirs ont été installés sur le côté de la pièce. Derrière se trouve une régie munie d’ordinateurs et d’un microphone. 


« Ce qui est exceptionnel, c’est l’interaction que nous avons avec Apollo. La communication, c’est la base de notre métier.  »
Brahima Gbane, étudiant en soins infirmiers

Pendant que l’apprenti infirmier prodigue des soins au mannequin, un professeur le surveille derrière les miroirs tout en contrôlant le pouls, la respiration et la condition de santé d’Apollo. Le tout est enregistré sur caméra pour que l’étudiant puisse repasser ses bons coups et identifier ses erreurs après l’exercice. 

Les professeurs ont créé neuf scénarios d’intervention différents, mais les possibilités sont presque infinies. Bientôt, les étudiants devront intervenir auprès d’un patient en arrêt cardio-respiratoire et auront à utiliser un défibrillateur pour le réanimer.

Savoir comment agir au bon moment 

« Quand survient un cas de dépression respiratoire en milieu hospitalier, tu restes figé et tu ne sais pas quoi faire. Je l’avais pratiqué sur Apollo et quand je l’ai vécu en situation réelle [durant un stage], je savais comment agir », souligne Brahima Gbane, un étudiant de troisième année en soins infirmiers.

« Ça permet de leur faire vivre la fameuse première fois, explique la coordonnatrice du département, Josée Ouellet. Ça semble bien banal, mais on a l’opportunité de leur faire vivre leur première fois dans un milieu contrôlé. » Mme Ouellet assure que ses étudiants sont moins stressés lorsqu’ils doivent intervenir auprès de vrais patients. 

Le projet de construction de ce nouveau lieu d’apprentissage et l’achat d’équipements, dont le mannequin, est évalué à 150 000 $.

Les étudiants pouvaient déjà se pratiquer sur des mannequins, notamment pour l’administration de vaccins, mais ils ne sont pas liés à des ordinateurs.

« Ce qui est exceptionnel, c’est l’interaction que nous avons avec Apollo. La communication, c’est la base de notre métier », souligne Brahima Gbane. Le département de soins infirmiers compte d’ailleurs se doter d’un modulateur de voix pour simuler l’intervention auprès de personnes âgées, notamment. 

« On pense que c’est un pas de plus vers nos jeunes qui sont hyper branchés et technos », lance Josée Ouellet. Sur les 36 étudiants qui étaient inscrits au programme en 2015, 16 ont poursuivi et sont en voie d’obtenir leur diplôme cette année.

L’enseignante en soins infirmiers, Mélanie Saint-Amant, s’est beaucoup impliquée dans la mise en place de ce projet.