Gilbert Dominique fera la lutte à Ghislain Picard à la tête de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador.

APNQL: Dominique veut affronter Picard

L’ancien chef de Mashteuiatsh Gilbert Dominique souhaite devenir le chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL) pour faire la promotion de l’autonomie gouvernementale des communautés autochtones. Il affrontera Ghislain Picard, le chef de l’APNLQ depuis 1992, qui briguera un 7e mandat, le 30 janvier.

En se présentant contre Ghislain Picard, Gilbert Dominique veut changer la dynamique des relations entre l’APNQL et les autres paliers de gouvernement. « Mon approche est différente de celle de Ghislain Picard, mentionne l’homme qui a été chef de Mashteuiatsh de 2003 à 2017. Je souhaite collaborer et travailler en partenariat », ajoute-t-il, en citant en exemple le projet de minicentrale à Val-Jalbert.

« C’est une réussite marquante sur le plan régional entre notre Première Nation et les MRC. C’est un projet avant-gardiste et novateur qui permet de développer des leviers économiques pour notre nation », soutient le candidat, qui se désole de voir le projet éolien de 200 MW Apuiat, sur la Côte-Nord, mis au rancart. « Plusieurs régions du Québec ont bénéficié de mégawatts produits à partir des éoliennes pour se développer, dit-il. Pourquoi les Innus ne pourraient-ils pas en bénéficier aussi ? »

En développant des sources de revenus propres à la communauté, ces dernières s’éloigneront de l’état de dépendance dans lesquelles elles sont prises. Et l’accès aux ressources naturelles permettra aux Premières Nations de générer des fonds autonomes, estime l’Innu. « C’est le genre de développement qui permet de réinvestir aux endroits stratégiques », dit-il.

Selon Gilbert Dominique, le développement économique est un outil de taille pour atteindre son objectif principal : l’autonomie gouvernementale. « Je suis convaincu que la prise de l’autonomie gouvernementale des Premières nations va réellement permettre de relever les défis dans les communautés, en rehaussant la qualité de vie et la santé de leurs membres. Ça nous donnera la chance de cibler nos priorités d’intervention, en tenant compte de nos particularités culturelles et linguistiques. »

Au-delà de l’autonomie gouvernementale, Gilbert Dominique souhaite que le gouvernement canadien reconnaisse les droits ancestraux des peuples autochtones du Québec. De plus, il aimerait que la loi Saganash, qui vise à uniformiser la Déclaration des droits fondamentaux de la personne à la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, s’applique à toutes les lois qui seront élaborées par le gouvernement fédéral.

L’APNLQ représente les 10 nations autochtones du Québec et du Labrador, qui sont réparties en 43 communautés (les Inuits n’en font pas partie). L’organisme représente les Abénaquis, Algonquins, Atikamekw, Cris, Hurons-Wendat, Malécites, Mi’gmaq, Mohawks, Innus et Naskapis.

Les chefs de l’APNQL se rassembleront le 30 janvier prochain pour élire leur nouveau chef, pour un mandat de trois ans. « Ma candidature offre une option supplémentaire, estime Gilbert Dominique. Les plus belles démocraties sont intéressantes lorsqu’il y a des débats d’idées ».