AP-60 et usine de billettes: Rio Tinto maintient sa position

Malgré les critiques des derniers jours, les dirigeants de Rio Tinto croient avoir pris la bonne décision en mettant sur la glace les projets d’investissement d’AP60 de Jonquière et de l’usine de billettes d’Alma.

Mis à part l’annonce officielle faite il y a une semaine, la haute direction de la compagnie n’avait pas encore émis de commentaires en lien avec sa décision.

« Nos décisions ont été prises de façon à ce que nous puissions continuer à réaliser des investissements en fonction de la compétitivité et de la productivité de nos usines existantes », mentionne Simon Letendre, directeur des relations avec les médias Canada et États-Unis pour Rio Tinto.

« Notre décision de mettre les deux projets sur la glace tient compte du prix de la tonne de l’aluminium, qui se transige à 1700 $ US, de l’incertitude économique et du contexte politique mondial », renchérit M. Letendre.

Il y a plusieurs mois, Rio Tinto avait annoncé son intention de construire un centre de billettes à l’usine d’Alma. Cela aurait permis de créer une cinquantaine d’emplois pour la transformation de ce produit pour des fabricants de pièces automobiles, d’équipements de transport et de matériaux de construction.

Du côté de Jonquière, la compagnie prévoyait ajouter 16 salles de cuves à son usine AP60 afin d’augmenter la production annuelle d’environ 50 pour cent.

La journée même de l’annonce du report de ces deux projets importants, les présidents du Syndicat national des employés de l’aluminium d’Arvida (SNEAA-Unifor), Alain Gagnon, et du Syndicat des travailleurs de l’aluminium d’Alma (Métallos), Sylvain Maltais, avaient dénoncé cette décision.

Les deux représentants syndicaux ne comprenaient pas que la multinationale ne profite pas du contexte actuel pour lancer les projets et investir afin d’être prête au moment de la relance dans la demande mondiale de l’aluminium.

Les syndicalistes déploraient le manque de vision de la compagnie.

« Nous ne sommes pas les seuls à avoir fait le même calcul. Alcoa a cédé beaucoup d’actifs récemment et nos concurrents mondiaux sont aussi plus prudents. La situation est la même pour toute l’industrie », a repris le porte-parole de Rio Tinto.

Simon Letendre précise que la compagnie continue tout de même à investir environ 350 millions de dollars annuellement pour moderniser ses usines, qu’elle vient d’injecter plus de 200 M$ pour les fours de cuissons à anode, sans oublier l’investissement au site des résidus de bauxite de l’usine Vaudreuil, à Jonquière.

Si Alain Gagnon n’a pas caché sa déception, Sylvain Maltais a précisé, la semaine dernière, que les travailleurs d’Alma avaient accepté de rouvrir leur convention collective afin de garantir la paix industrielle.

Il a aussi avisé la compagnie que la prolongation du contrat de travail ne tenait plus étant donné que l’employeur ne respecte pas sa parole quant aux investissements et qu’une négociation se tiendra en 2020.

Le directeur des relations avec les médias ne peut dire à quel moment la compagnie sera en mesure de relancer les projets, puisque tout dépend du marché mondial du métal gris.

Il faut savoir que la mairesse de Saguenay, Josée Néron, et le maire d’Alma, Marc Asselin, doivent se rencontrer la semaine prochaine afin d’élaborer une stratégie de communication et de discussion avec les dirigeants de Rio Tinto dans le but de mieux comprendre ce qui se passe et envisager l’avenir.