Préfet de la MRC Lac-Saint-Jean-Est et maire de Saint-Henri-de-Taillon, André Paradis demande aux gens d’arrêter de trouver des coupables à la tragédie qui a secoué la région et la France.
Préfet de la MRC Lac-Saint-Jean-Est et maire de Saint-Henri-de-Taillon, André Paradis demande aux gens d’arrêter de trouver des coupables à la tragédie qui a secoué la région et la France.

André Paradis prend la défense des clubs

Laura Lévesque
Laura Lévesque
Le Quotidien
Le maire de Saint-Henri-de-Taillon, André Paradis, prend la défense des bénévoles des clubs de motoneige. Divers reportages au cours des derniers jours ont remis en doute la qualité des sentiers et de l’affichage. Des lacunes qui auraient, selon des médias, pu causer la tragédie survenue, il y a une semaine dans le secteur de Saint-Henri-de-Taillon et qui a fait au moins quatre morts.

« On met la faute sur les bénévoles, sur l’entretien, sur l’affichage. Arrêtez de chercher des coupables. Il faut laisser le temps aux enquêteurs, à la coroner, de faire l’enquête. De grâce, arrêtons de salir tout le monde. Chacun a sa description, chacun a vu les touristes. Ça suffit », plaide le maire et préfet de la MRC de Lac-Saint-Jean-Est.

Ce dernier fait référence notamment à un reportage disant qu’une affiche placée trop tôt dans le sentier pour indiquer le virage à gauche aurait pu induire en erreur les touristes. Une hypothèse qui fait mal aux bénévoles, déjà à bout de souffle.

« Des bénévoles sont venus me voir en me disant qu’ils voulaient démissionner. Ils se disent : “Si je suis jugé parce qu’il y a une catastrophe – parce que c’est une catastrophe qui n’est pas souhaitée par personne – bien je vais démissionner. Je n’irai pas salir mon nom.” Il y a un risque donc maintenant de perdre les bénévoles. Il y a aussi un risque de mettre en péril la qualité des travaux qui sont faits dans les sentiers, qui donnent accès au site touristique, à la restauration, à l’hébergement. Il faut arrêter cette mauvaise publicité. À ce moment-ci, on parle d’une catastrophe qui n’aurait pas pu être évitée par quelque panneau que ce soit », martèle André Paradis.

Sentiers permanents

L’industrie de la motoneige, dont les retombées frôlent les 112 millions $ pour la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, est menée rappelons-le, par des clubs de motoneige qui sont formés de bénévoles. L’importance de cette industrie avait poussé le gouvernement provincial libéral de Jean Charest à créer un réseau de sentiers permanents pour ainsi alléger le travail des bénévoles. C’est la défunte Conférence régionale des élus (CRÉ) qui a élaboré le projet. Il a été déposé comme prévu à cette époque, mais rien n’a avancé dans ce dossier.

« Les MRC et les municipalités via leurs quotes-parts, donnent un coup de main aux clubs. Mais depuis des années, on attend la création des sentiers permanents par le gouvernement. Les fameux sentiers permanents, ça fait 10 ans qu’on en parle. Pendant ce temps-la, ce sont les clubs, qui, à bout de bras tiennent l’industrie », pointe M. Paradis.

Le plan du réseau de sentiers permanents a été réalisé et envoyé au ministère des Transports sous le gouvernement Charest. Mais les élus jeannois et saguenéens ont dû le renvoyer à chaque changement de gouvernement, car les fonctionnaires « ne retrouvaient plus le document ». « On sent que personne n’a voulu concrétiser ce projet », pointe le préfet, questionné sur ce projet attendu depuis longtemps.