André Gauthier « en train de crever à Dubaï» selon sa famille

L’état de santé du Saguenéen André Gauthier, ce lanceur d’alerte emprisonné depuis trois ans aux Émirats arabes unis, se détériore à un point tel que les membres de sa famille craignent qu’il meure entre les murs de la prison de Dubaï où il est détenu.

Selon Pierre Gauthier, frère du Baierieveain d’origine, les nouvelles reçues il y a deux jours par la conjointe d’André Gauthier ne sont guère encourageantes puisqu’au point de vue diplomatique, c’est le calme plat en cette période électorale fédérale, tandis que la santé du prisonnier se détériore. Aux prises avec une hernie à l’abdomen, M. Gauthier aurait vu surgir une seconde hernie dans la même partie du corps. « Selon sa conjointe, à qui j’ai parlé, André a perdu une quinzaine de livres et il n’a pratiquement plus de voix. S’il a perdu 15 livres, c’est qu’il y a quelque chose qui ne va pas à l’intérieur de son corps », affirme M. Gauthier.

Selon l’interprétation que la famille fait du dossier, l’administration judiciaire des Émirats tarde depuis un an à produire un rapport qui serait susceptible d’aider la cause d’André Gauthier. « Ça fait un an que ce rapport est supposé sortir d’un mois à l’autre. On a l’impression qu’ils étirent pour ne pas qu’ils sortent vivant de prison. Mon frère est en train de crever en prison », affirme-t-il.

Pour ajouter aux appréhensions, une information aurait été transmise à la famille voulant que l’aile de la prison où séjourne André Gauthier serait nommée le « cimetière », d’où personne ne sort vivant.

Pierre Gauthier mentionne que la famille ne souhaite pas se servir de la campagne électorale pour activer le dossier au plan diplomatique, mais se dit plutôt préoccupée par le caractère urgent de la situation.

Cette histoire a débuté en 2013 alors que M. Gauthier s’est associé à l’entreprise AE Gold. Remarquant que la gestion de l’entreprise était entachée de plusieurs anomalies commises par la direction, il a fait enquête et aurait constaté un trou de 30 M $ dans l’administration de la compagnie. D’ex-actionnaires de la compagnie auraient voulu faire porter le blâme sur M. Gauthier, d’où le déroulement d’un procès sous de fausses représentations. Il a été condamné à huit années de prison.