André-François Bourbeau a mis les voiles le 26 février dernier pour un périple en voilier aux États-Unis.

André-François Bourbeau navigue à travers deux États

L'aventurier André-François Bourbeau a encore mis les voiles. Depuis le 26 février, il navigue sur les rivières de la Virginie et de la Caroline du Nord, à bord d'un petit voilier de 13 pieds. Un nouveau périple d'un mois à ajouter à sa liste d'aventures.
C'est ce parcours que suit André-François Bourbeau.
André-François Bourbeau était bien au chaud dans la cabine de son voilier, dimanche après-midi, lors d'une entrevue accordée au Quotidien par téléphone. Il se trouvait à la frontière de la Virginie et de la Caroline du Nord, ancré dans un « ruisseau » de 200 mètres de large. Il neigeait et les vents soufflaient à 60 kilomètres à l'heure. « Je ne peux pas faire grand-chose, c'est la tempête dehors ! Aujourd'hui, ça brasse en ''ti-péché'' », a lancé M. Bourbeau, ajoutant que le thermomètre n'affichait que quelques degrés. 
« Je pensais que ce serait une expédition plus facile, mais il fait très froid et les vents soufflent fort. Ce n'est pas facile, mais c'est très intéressant ! », souligne celui qui vogue seul sur ces eaux parfois tumultueuses. Mais le fondateur du baccalauréat en plein air à l'Université du Québec à Chicoutimi et détenteur du record Guinness de la plus longue période de survie volontaire en milieu sauvage ne pourrait être plus heureux.
Il a pris la route à la fin du mois de février avec un petit voilier qu'il a acheté récemment. « Je l'ai acheté alors qu'il était en construction et je l'ai terminé moi-même. Il est plus gros que celui que j'avais utilisé pour ma traversée des Everglades, en Floride. Ici, je devais avoir un bateau plus robuste et plus chaud, puisque la température peut descendre jusqu'à -6 degrés et les vagues peuvent atteindre sept ou huit pieds », explique André-François Bourdeau, qui s'est fait connaître du grand public l'an dernier avec sa participation aux émissions Expédition extrême
En solitaire
Se retrouver seul est un aspect qui plaît beaucoup à l'aventurier. D'ailleurs, à cette période-ci de l'année, rares sont les navigateurs sur les rivières de la Virginie et de la Caroline.
« Je n'ai rencontré personne jusqu'à maintenant sur les eaux et la plupart des marinas sont encore fermées. Mais je fais de belles rencontres lorsque je me promène dans les villes. J'en ai d'ailleurs beaucoup appris sur la pêche aux crabes en rencontrant des pêcheurs », raconte celui qui s'est doté d'une bicyclette « pliable » qui lui permet de découvrir la terre ferme et de faire ses emplettes lorsqu'il accoste. Ayant un petit poêle à l'intérieur de son voilier, M. Bourbeau se cuisine de vrais petits festins.
« J'ai des réserves et je fais des courses lorsque j'accoste. Je me fais du steak aux champignons, des pommes de terre, des oeufs avec du bacon. Côté nourriture, je ne fais pas du tout pitié ! », lance-t-il.
Le bateau n'ayant pas de moteur, il vogue au gré du vent. « Je ne suis pas le meilleur des navigateurs alors c'est parfois un peu plus long. Mais en moyenne, je fais entre 20 et 30 kilomètres par jour », note M. Bourbeau, qui devrait revenir au pays prochainement.
« Honnêtement, je ne sais pas trop combien de jours il me reste, mais je sais que je dois revenir pour le 5 avril puisque je donne une conférence », lance le maître de la survie en riant.
D'ici là, il remonte tranquillement vers le nord de la Virginie. « Je vois beaucoup de loutres, des castors, des tortues et des aigles. Il y a aussi énormément de souches dans l'eau, mais ça, c'est un peu moins agréable ! », a affirmé celui qui attendait que le vent tombe pour reprendre sa route.
Une longue liste de périples
• 1984 : Le spécialiste de la gestion des risques en forêt a passé 31 jours sans vivres ni équipement en pleine nature avec son acolyte de l'époque, Jacques Montminy. L'expérience, largement médiatisée sous le nom de « Surviethon », a été le sujet d'un livre réédité en 2011 et a établi un record Guinness. M. Bourbeau a marqué l'imaginaire de bien des gens comme l'homme qui a survécu en mangeant de la viande d'écureuil durant un mois et en se fabriquant des montures de lunettes de fortune après avoir échappé à un incendie.
• 1988 : L'auteur de plusieurs ouvrages de référence a aussi mené une expédition de 40 jours en canot d'écorce de bouleau fabriqué artisanalement. Parmi les techniques de survie qu'il a développées, on compte notamment la couverture de quenouilles et le tire-bûche.
• 2013 : Le passionné a passé 11 jours avec son compagnon de fortune Billy Rioux sur le territoire de la Baie-James en naviguant dans des canots d'écorce d'épinette qu'ils avaient eux-mêmes fabriqués. Cette technique amérindienne est pratiquement disparue en Amérique du Nord.
• 2015 : M. Bourbeau et son ami Michel Martineau ont surpris les policiers de Saguenay l'hiver dernier, alors que ceux-ci ont été dépêchés à La Baie pour « sauver » les occupants d'un voilier qui avait chaviré près de l'Anse-à-Benjamin. Cette opération n'était qu'une partie de plaisir pour les deux aventuriers qui avaient la situation bien en main.
• 2016: Pendant deux semaines, il a sillonné les Everglades, en Floride, à bord d'un voilier qu'il a conçu lui même.