Michel Potvin défend avec ferveur le projet de construire l’Amphithéâtre + sur la zone ferroviaire de Chicoutimi.

Amphithéâtre +: Un vote à la majorité simple

Pas question pour le conseiller Michel Potvin, et par la bande la mairesse de Saguenay Josée Néron, d’empêcher leurs collègues du conseil de s’exprimer librement, comme lors de la sortie de Jonathan Tremblay, lundi, qui ironisait sur le projet de l’Amphithéâtre + dans un message publié sur Facebook. Cependant, le plan de match est clair pour aller de l’avant : le président de la commission des Finances désire faire adopter l’éventuel règlement d’emprunt du projet de 80 M$ à la majorité simple d’ici la fin de l’année.

C’est ce qui ressort d’un entretien avec Le Quotidien tenu après la séance du conseil d’arrondissement de Chicoutimi mardi après-midi.

Le conseiller membre de l’Équipe du renouveau démocratique (ERD), le parti politique dirigé par la mairesse de Saguenay, tenait à répondre publiquement aux propos de son collègue de Jonquière. Michel Potvin n’a d’ailleurs pas été surpris de voir l’histoire aboutir dans Le Quotidien, car le message qu’a publié Jonathan Tremblay lui avait d’abord été envoyé directement via la messagerie Facebook, dans une discussion de groupe à quatre. C’est par la suite que le conseiller jonquiérois a rendu son message public.

Lors de l’entrevue, Michel Potvin était accompagné par Cindy Girard, l’attachée de presse du cabinet de la mairesse. À deux, ils ont indiqué que l’objectif était de déposer l’avis de motion sur l’emprunt d’ici le 1er décembre.

Et Michel Potvin se dit prêt à vivre avec une certaine opposition au projet à la table du conseil, plaçant la barre à 50 % plus un et non d’obtenir un plus large consensus.

« Ça prend un vote au conseil, ça prend au minimum huit votes. (...) La majorité, c’est la majorité, point final. Il va y avoir un règlement d’emprunt et la population pourra s’affirmer. À la limite, on pourra faire un référendum. À la limite, on pourra revenir en campagne électorale. Mais ça serait extrêmement regrettable que ça vire de travers », a expliqué Michel Potvin, qui a avoué qu’il était lui-même initialement opposé au projet de construire un nouvel aréna pour remplacer le Centre Georges-Vézina. La nouvelle construction remplacerait également l’autogare de la rue du Havre.

« Pas de guerre de clocher »
Même si l’opposition au projet s’est plus fait sentir à l’extérieur de Chicoutimi, Michel Potvin ne veut pas croire à une quelconque querelle entre les arrondissements. « Il n’y a pas de guerre de clocher avec Jonquière et il n’y en a pas avec Jonathan », a-t-il juré. Il a ensuite énuméré les projets appuyés à Jonquière (stade multisport, le Patro, place Nikitoutagan, la chapelle Saint-Cyriac et le Palace) et à La Baie (bibliothèque dans l’église Saint-Édouard et l’ancien terrain de la Consol).

De plus, il n’est pas question pour lui de limiter le droit de parole de qui que ce soit, comme le président de la commission Sports et plein air, Michel Thiffault, qui n’appuie pas l’Amphithéâtre +.

« Les conseillers sont libres de penser et de parler. Nous autres, on ne dérogera pas de ça. Ce n’est pas moi qui va dire à Michel Thiffault quoi penser. Il n’y aura pas de réprimandes parce qu’ils votent contre nous autres. Jonathan n’a pas été mandaté par quelqu’un d’autre pour nous donner des jambettes. Tout le monde est libre. C’est ce que j’ai toujours défendu face à l’ancienne administration et je ne ferai sûrement pas le contraire », a-t-il enchaîné, visant directement le contrôle de l’information qui avait cours à l’époque où Jean Tremblay était maire de Saguenay.

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EN ATTENTE DU RÉSULTAT DES ÉLECTIONS

Michel Potvin attend le résultat des élections au Québec quant à la suite à donner au dossier de l’Amphithéâtre +. Évidemment, pour que Saguenay puisse aller de l’avant, il faudra d’abord une confirmation du financement de la part du gouvernement provincial après le scrutin. 

Le chef libéral Philippe Couillard appuie le projet depuis le départ et du côté du Parti québécois, Jean-François Lisée s’est aussi commis en ce sens. Selon Michel Potvin, la position d’un éventuel gouvernement caquiste serait plus ambiguë. Dans le cas d’une réponse positive, il faudrait l’adoption d’un décret spécial, car aucun programme spécifique n’existe.

S’il dit s’attendre à une part de 60 % de Québec, le conseiller affirme travailler encore de son côté pour récolter de l’argent du privé, notamment sous la forme d’un partenaire majeur. « On cherche un partenaire majeur. On vise toujours le minimum à payer. Toutes les stratégies sont bonnes et il faut les mettre en place. J’ai des rencontres à faire pour diminuer l’impact de la Ville. Mais ça serait mentir de dire qu’on peut se rendre à zéro », a-t-il poursuivi.

Pour conclure, Michel Potvin insiste que c’est en expliquant plus à fond les bienfaits du projet qu’il convaincra d’autres conseillers et la population en général. D’ailleurs, la mairesse Josée Néron tiendra au minimum trois séances de consultation publique en octobre. « Il n’y a pas une question qu’on n’est pas capable de répondre. Il y a zéro problème. Le seul inconvénient, c’est le côté monétaire. (...) Le projet on l’a amélioré beaucoup, notamment avec Simon-Olivier Côté qui est plus social-démocrate », a-t-il raconté, lui donnant le mérite pour l’ajout d’une passerelle et d’un toit vert.