Olivier Huard et Marie-Claude Paris-Tanguay jugent que leur combat pour empêcher la construction d'une minicentrale à Val-Jalbert était justifié. Ils ne pensaient pas que leur coup d'éclat les conduirait devant la justice.

Amendes et travaux communautaires

Les cinq activistes qui s'étaient barricadés et enchaînés à l'intérieur d'une cabine du téléphérique de Val-Jalbert écopent de 120 heures de travaux communautaires et devront payer une amende des 1000$ chacun. Trois d'entre eux se retrouvent sans casier judiciaire.
C'est la sentence qu'a imposée le juge Paul Guimond à Marie-Claude Paris-Tanguay, Benoît Thisselmagan, Philip Zoghbi, Jonathan Thisselmagan-Schuld et Olivier Huard pour leur coup d'éclat du 8 avril qui a mené à des accusations d'entrée par effraction et de méfait.
Bien qu'ils regrettent les conséquences de leurs gestes, les manifestants sont encore convaincus que le projet de minicentrale sur la rivière Ouiatchouan à Val-Jalbert était injustifié. «Je regrette d'être en arrivée là pour nous faire entendre. Je tiens à remercier les gens qui ont participé à cette importante mobilisation contre le projet. Je suis fier d'avoir été un peu leur porte-parole et de m'être battu même si on ne pensait pas qu'un geste de désobéissance civile nous mènerait devant les tribunaux pendant deux ans», a commenté à la sortie du Palais de justice Marie-Claude Paris-Tanguay. Cette dernière était satisfaite d'avoir reçu une absolution conditionnelle, ce qui lui permetta de conserver son emploi.
Selon Olivier Huard, ce coup d'éclat était rendu nécessaire après que leur pression auprès du ministre de l'Environnement de l'époque. Il pense même que le départ du ministre Daniel Breton a été causé par sa volonté de stopper le projet. «Il y a quelques choses de pourri au royaume du Saguenay-Lac-Sait-Jean. On s'est fait mettre plein de bâtons dans les roues pour essayer d'exprimer nos opinions. On le voit bien que les intellectuels et les écologistes se sont pas les bienvenus ici», a déclaré celui qui a été candidat de Québec solidaire à quatre reprises dans Repentigny.
Parmi les cinq accusés, Benoît Thisselmagan et Jonathan Thisselmagan-Schuld n'ont pas reçu d'absolution conditionnelle de la part du juge Paul Guimond. Selon lui, ils n'ont pas fait la preuve que le fait d'avoir un casier judiciaire leur causerait de véritables inconvénients.
Par contre, la poursuite au civil de 14 000$ qu'avait intentée la Corporation du village historique de Val-Jalbert pourrait se clore par un règlement hors cour. L'avocat des cinq manifestants Francis Boucher en serait arrivé à une entente. La somme de 1000$ chacun que le tribunal leur a imposé sera versé à Val-Jalbert et pourra être déduite du montant total réclamé.