Martin Caron, premier vice-président provincial de l’UPA, et Mario Théberge, le président de l’UPA Saguenay-Lac-Saint-Jean, lors de la conférence de presse tenue en marge du congrès régional.

Améliorer la vie des agriculteurs en quatre temps

Plus de 120 agriculteurs ont participé au 89e congrès annuel de l’Union des producteurs agricoles du Saguenay-Lac-Saint-Jean, jeudi, à Dolbeau-Mistassini. Voici quatre thématiques importantes qui ont été abordées pour améliorer le sort des agriculteurs de la région.

Partager des ressources pour avoir un peu de répit

Le métier d’agriculteur est si prenant que plusieurs d’entre eux n’ont pas pris de vacances depuis plusieurs années. Et si, par malheur, une blessure survient, personne n’est là pour prendre la relève momentanément, mettant en péril la survie des entreprises agricoles. Pour leur permettre de se reposer et d’avoir l’âme en paix, une trentaine de producteurs de lait de la région sont en train de mettre en place une coopérative d’utilisation de main-d’œuvre partagée (CUMO). « C’est une assurance qu’on se paye pour améliorer notre qualité de vie », remarque Mario Théberge, le président de l’UPA Saguenay-Lac-Saint-Jean, qui estime que le projet devrait être lancé au cours des prochaines semaines. Si tout fonctionne comme prévu, d’autres CUMO pourraient être lancées pour d’autres types de cultures.

Créer davantage de valeur ajoutée

Au lieu de se faire dicter le prix des produits de la région par les marchés extérieurs, il faut créer davantage de valeur en misant sur les particularités de la région, estime Mario Théberge. « On doit se diversifier en misant sur notre agriculture nordique, car notre type de production ne peut pas être reproduit ailleurs dans le monde », dit-il. Il cite en exemple le lait nordique biologique lancé par Nutrinor qui a su se démarquer sur les tablettes partout au Québec et même en Ontario. Une étude de viabilité est en cours pour évaluer le potentiel de mettre en marché une viande boréale issue des troupeaux de la région. Le bleuet sauvage de la région devrait aussi se démarquer sur le marché, car aucun pesticide n’est utilisé l’année de la récolte, contrairement à ce qui se fait au Nouveau-Brunswick et dans le Maine, ajoute l’homme qui croit que la création de valeurs passera donc par un meilleur marketing mettant en valeur les pratiques des fermes régionales et de la qualité de leur produit.

L’ARTERRE : Créer des liens pour vendre sa ferme

Pour faciliter le maillage entre les agriculteurs qui approchent de la retraite et les futurs agriculteurs, le Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec a mis sur pied L’ARTERRE. Cet outil permet de connecter les propriétaires et les aspirants en quelques clics grâce à un répertoire en ligne. En ce moment, 13 offres étaient affichées dans la région pour les agriculteurs en herbe et 12 propriétaires étaient à la recherche d’un acheteur dans la région. « C’est un des beaux projets pour favoriser l’occupation dynamique du territoire », a mentionné Martin Carron, premier vice-président provincial de l’UPA, en soulignant que 80 municipalités régionales de comté participent au projet.

Plus de travailleurs de rang

Depuis cet été, une travailleuse de rang parcourt les fermes du Saguenay-Lac-Saint-Jean pour soutenir les agriculteurs dans le but de prévenir la détresse psychologique. « C’est un bon début, mais ça ne suffira pas », note Mario Théberge, car la ressource, embauchée pour deux ans, a énormément de demandes. Pour pérenniser le projet, l’UPA a déposé une demande à la ministre de la Santé, Danielle McCann. Une annonce est attendue prochainement à ce sujet.