Aluminium: Saguenay prépare un mémoire

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
La ville de Saguenay travaille sur la préparation d’un important mémoire en vue de la tournée des villes québécoises de l’aluminium annoncée par le ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon. Le document devrait aborder les enjeux d’emplois et de taxation municipale.

La nouvelle a été confirmée par le cabinet de la mairesse, Josée Néron, et le président de Promotion Saguenay, Michel Potvin. L’attaché de presse de la mairesse, Stéphane Bégin, n’a toutefois pas élaboré sur le contenu du document dont le mandat a été confié à Roger Boivin du Groupe Performance Stratégie à La Baie.

Au cours d’une entrevue qu’il accordait au Quotidien, le président de Promotion Saguenay, Michel Potvin, a expliqué que la Ville allait profiter de cette occasion pour explorer un certain nombre de problématiques en lien avec l’industrie de l’aluminium sur son territoire. Il sera donc question des impacts économiques découlant des activités de Rio Tinto tout comme tout le volet de la taxation municipale et des revenus générés pour le gouvernement du Québec par l’exploitation du complexe hydroélectrique de Shipshaw.

Le gouvernement du Québec a adopté en 2015 une politique de dix ans sur l’aluminium. Cette politique était dotée d’un budget d’un peu plus de 200 M$ pour supporter l’industrie par différentes mesures fiscales. Tout indique que le gouvernement a l’intention de mettre à jour cette politique et le premier ministre François Legault a déjà annoncé que son gouvernement allait répondre présent si les géants de l’industrie manufacturière du Québec se manifestaient pour des projets d’investissement dans le contexte de la relance économique.

Interrogé à savoir si Saguenay allait transformer cette occasion en moyen pour faire des pressions auprès du gouvernement du Québec afin d’inciter la multinationale Rio Tinto à dégeler les projets sur sous territoire, Michel Potvin est demeuré prudent.

Il a simplement souligné que Saguenay avait des enjeux importants à très court terme avec le producteur d’aluminium. Le président du comité des finances a aussi les yeux sur les revenus provenant de la taxation municipale et les risques reliés à une trop longue période sans investissement.

«Nous avons demandé à la directrice des finances de la ville, Christine Tremblay, de nous faire le portrait de la situation des revenus de taxe. Rio Tinto est un contribuable important», insiste Michel Potvin.

Les projets toujours suspendus du côté de Rio Tinto sont les investissements dans l’augmentation de capacité de production de Vaudreuil pour au moins 400 M$. Les phases 2 et 3 du projet AP60 ont également été mises sur la glace, tout comme c’est le cas pour les projets de l’aluminerie d’Alma.

Le conseiller municipal ajoute que tout le dossier Rio Tinto mérite une bonne réflexion. Il s’agit d’une question complexe en raison des ententes liants le gouvernement du Québec et la multinationale. Ces ententes couvrent tout le volet de la création d’emplois et le conseiller municipal juge que des emplois manufacturiers sont nécessaires pour soutenir l’économie de Saguenay.

Le mémoire commandé à la firme baieriveraine qui n’est pas encore complété sera dans un premier temps transmis aux fonctionnaires du ministère de l’Économie. Le ministre n’a pas prévu de rencontre avec les élus et doit en premier lieu s’entretenir avec les représentants de l’industrie selon ce qu’a expliqué Michel Potvin.

Saguenay va tenter d’obtenir des investissements additionnels. Michel Potvin cite l’exemple de la nouvelle technologie des anodes moins polluantes. Le conseiller municipal est conscient que l’on ne peut pas aller à l’encontre de la technologie, mais il considère plus pertinent que jamais d’exiger des emplois associés à ces développements technologiques en retour.

Saguenay a tout de même été alertée par certains signaux inquiétants provenant des installations de Rio Tinto. La décision par l’entreprise de ne pas remplacer les cuves qui arrivent en fin de vie dans les salles précuites fait partie de ces signaux. Une décision qui a obligé le premier ministre, François Legault, à rappeler à la multinationale qu’elle devait respecter les ententes avec le gouvernement du Québec.