Aluminium: Ottawa tente encore de négocier, mais est prêt à riposter dès mercredi

La Presse Canadienne
OTTAWA - Le ministre des Affaires étrangères affirme que le gouvernement canadien tente toujours de résoudre son différend avec les États-Unis au sujet des exportations d’aluminium, mais qu’il est prêt à riposter si nécessaire.

François-Philippe Champagne a affirmé lundi que ce désaccord pourrait être une occasion de trouver de nouvelles façons de relancer la fabrication manufacturière partout en Amérique du Nord.

Mais à court terme, a dit M. Champagne, le Canada est tout à fait prêt à imposer des mesures de représailles contre l’aluminium fabriqué aux États-Unis et les produits qui en contiennent, à compter de mercredi.

La liste des cibles potentielles comprend des produits tels que des appareils électroménagers, des canettes de boissons, du mobilier de bureau, des vélos et des bâtons de golf.

«Comme on l’a dit, ce sera proportionné dollar pour dollar, comme on l’avait fait dans le passé. C’est une formule qu’on a déjà utilisée et c’est la formule qu’on va utiliser cette fois-là encore», a indiqué M. Champagne lundi, alors qu’il se préparait à participer à une retraite du cabinet de deux jours à Ottawa.

L’administration Trump a imposé les nouveaux tarifs douaniers aux importations canadiennes d’aluminium le mois dernier, après des plaintes de deux fonderies américaines qui estimaient que le Canada violait les termes d’un accord entre les deux pays conclu en 2019.

Les tarifs, imposés par Washington pour des raisons liées à la sécurité nationale, surviennent moins de deux mois après l’entrée en vigueur du nouvel accord de libre-échange Canada-États-Unis-Mexique.

«Comme vous savez, on a dit depuis le tout début que ces tarifs-là n’avaient pas leur place, évidemment. Le Canada n’est pas une menace à la sécurité nationale. L’aluminium canadien n’est pas une menace à la sécurité nationale», a affirmé M. Champagne.

«Je suis un de ceux qui croient beaucoup dans l’aluminium, en particulier l’aluminium vert. On sait qu’au Québec, on a déjà développé avec Elysis une opportunité dans ce sens-là, et aujourd’hui, c’est vraiment de parler des opportunités, du bien-être des Canadiens et Canadiennes, comment on peut faire pour assurer la prospérité à court, moyen et long terme.»

Le gouvernement canadien tente toujours d’éviter d’avoir à imposer des mesures de représailles, a-t-il suggéré, bien que l’échéance fixée à mercredi approche à grands pas. «Évidemment, nous allons continuer à négocier. Mais nous allons être prêts à réagir comme nous l’avons fait la dernière fois.»