Les députés bloquistes Alexis Brunelle-Duccepe, Marilène Gill, Mario Simard et Simon-Pierre Savard-Tremblay se sont félicités pour cette «belle victoire pour nous et les travailleurs et travailleuses de l’industrie de l’aluminium».
Les députés bloquistes Alexis Brunelle-Duccepe, Marilène Gill, Mario Simard et Simon-Pierre Savard-Tremblay se sont félicités pour cette «belle victoire pour nous et les travailleurs et travailleuses de l’industrie de l’aluminium».

Aluminium et ACÉUM: le Bloc québécois crie victoire

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
Les députés bloquistes de Jonquière et Lac-Saint-Jean, Mario Simard et Alexis Brunelle-Duceppe, considèrent que la région vit un moment historique alors que l’importante opération de mobilisation menée depuis décembre a permis d’influencer la mise en place de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACÉUM) et de garantir l’accès au marché nord-américain pour l’aluminium canadien.

« C’est possiblement une première et nous sommes en poste depuis peu », a déclaré Alexis Brunelle-Duceppe. Il assure que cette réalisation, menée conjointement avec la vice-première ministre Chrystia Freeland, constitue un gain majeur pour le Saguenay–Lac-Saint-Jean, qui produit pas moins de 60 % de tout de l’aluminium canadien.

Le Bloc québécois a refusé d’appuyer l’entente de libre-échange en raison de l’absence de protection pour l’aluminium, alors que l’acier bénéficie de la clause du 70 % produit et coulé en Amérique du Nord. Dès le départ, la formation politique s’est heurtée à une vive opposition de la part des autres partis pour convaincre le gouvernement minoritaire de travailler à un scénario de protection de l’industrie de l’aluminium.

« Le député conservateur de Chicoutimi–Le Fjord a déclaré, en entrevue à la radio, que jamais nous ne parviendrions à obtenir les mêmes dispositions de protection pour l’aluminium que celles mises en place pour l’acier. Aujourd’hui, on peut dire que nous avons les mécanismes qui vont nous assurer d’obtenir ces dispositions », précise le député Mario Simard.

Les deux députés bloquistes ont rappelé que le gouvernement du Québec, tout comme l’Association de l’aluminium du Canada, a rapidement adopté la position voulant que l’accord proposé était préférable à une situation sans accord. Malgré ces prises de position répétées, les députés bloquistes ont maintenu la mobilisation. Ils soutiennent aujourd’hui que le front commun régional a permis de convaincre le gouvernement libéral de la nécessité de trouver une solution pour protéger l’industrie de l’aluminium.

En gros, l’aluminium a été ajouté à la liste des produits qui seront surveillés par un comité, lequel aura la responsabilité de veiller à contrer le dumping provenant de l’étranger. Advenant le cas où ce comité, qui se réunira tous les six mois, constate qu’il y a effectivement du dumping d’aluminium, le Canada pourra activer une disposition pour mettre en place la clause du 70 %.

L’aluminium disposait déjà d’une forme de protection pour la fabrication des pièces d’automobile. Il y avait toutefois un risque pour l’aluminium utilisé dans les autres produits, notamment dans l’industrie de la construction.

Selon le député de Lac-Saint-Jean, c’est ce volume qu’il fallait protéger pour sécuriser les emplois dans les usines québécoises.

Les deux députés bloquistes, qui saluent le travail de la vice-première ministre, sont moins généreux à l’endroit du leader du gouvernement, Pablo Rodriguez. Ils dénoncent l’attitude de ce dernier, l’accusant de tenter par tous les moyens de diminuer la valeur de cette entente pour la protection des milliers de travailleurs au Québec. Les syndicats de l’aluminium ont salué la « persévérance » du Bloc.

« Ce qui pouvait être fait l’a été », a fait valoir Alain Croteau, directeur québécois du Syndicat des Métallos, par voie de communiqué.

« C’est une grande fierté de savoir qu’on a pu faire bouger les choses, même si l’accord n’est pas modifié en tant que tel », ont opiné Éric Drolet, qui représente les travailleurs d’ABI, et Sylvain Maltais, qui représente les travailleurs de l’aluminium d’Alma. Avec la presse canadienne

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SAGUENAY ET ALMA SALUE LA VOLONTÉ D'OTTAWA

(MYRIAM GAUTHIER) Saguenay et Alma saluent la volonté d’Ottawa de mettre en œuvre des mécanismes de protection de l’aluminium québécois dans le cadre du nouvel accord de libre-échange Canada-États-Unis-Mexique (ACÉUM).

La mairesse de Saguenay, Josée Néron, et le maire d’Alma, Marc Asselin, estiment que le message lancé par la délégation régionale qui s’est rendue à Ottawa à la fin du mois de janvier a été entendu.

« Je suis très heureuse de constater que les représentations auprès des députés du Bloc québécois et de la vice-première ministre, Chrystia Freeland, n’ont pas été vaines. Notre message d’inquiétude pour notre industrie régionale de l’aluminium a porté ses fruits », a souligné la mairesse Josée Néron, dans un communiqué conjoint de Saguenay et d’Alma émis mercredi.

La confirmation de la mise en place d’un système de surveillance sur la traçabilité de l’aluminium et la promesse de s’assurer que l’aluminium soit fondu et coulé en Amérique du Nord donne espoir au maire Marc Asselin de voir se concrétiser des investissements régionaux attendus dans l’industrie de l’aluminium.

« Je remercie Mme Freeland pour son ouverture envers nos demandes et salue les efforts déployés par nos députés Alexis Brunelle-Duceppe et Mario Simard avec qui nous avons travaillé en étroite collaboration. Ce dossier est la preuve tangible de l’importance de réunir nos forces autour d’une action commune », a-t-il souligné.