Aluminium : les tarifs douaniers pourraient reprendre

Une nouvelle menace plane sur l’industrie de l’aluminium. L'administration américaine de Donald Trump songerait à réimposer des tarifs douaniers de 10% sur les importations d’aluminium en provenance du Canada, et ce, dès le 1er juillet.

La nouvelle a été publiée par l’Agence Bloomberg, et selon des sources près du dossier, une annonce pourrait être faite d’ici la fin de la semaine. Le 1er juillet marquera d’ailleurs l’entrée en vigueur du nouvel Accord de libre-échange Canada–États-Unis–Mexique.

«Si le Canada refuse d’imposer des restrictions sur les exportations d’aluminium, les États-Unis annonceront vendredi la réimposition d’un tarif de 10% sur l’aluminium en provenance du pays», peut-on lire dans l’article publié tard lundi soir.

Le président et chef de la direction de l’Association de l’aluminium du Canada, Jean Simard, a déclaré au Quotidien, mardi matin, que le témoignage du secrétaire américain au commerce, Robert Lighthizer, la semaine dernière, avait laissé entrevoir une certaine menace. Ce dernier s’était dit préoccupé par l’effondrement des ventes chez les producteurs américains d’aluminium et l’augmentation des importations de métaux en provenance du Canada. 

«Nous sommes en total désaccord. Il n’y a aucun fondement dans les déclarations des Américains», a dit M. Simard, expliquant que ceux-ci prétendent que le Canada enfreint l’accord qui avait entraîné la levée des tarifs en mai 2019.

«C’est une situation très normale en temps de crise. Les usines d’ici et d’ailleurs dans le monde modifient leur production et achètent des lingots de base. C’était la même chose en 2008 et 2009 lors de la crise économique. Dès que la demande de l’industrie de l’automobile va reprendre, ils vont y aller avec la production à valeur ajoutée. Le Canada ne cherche pas du tout à tirer avantage de la crise actuelle», assure M. Simard qui voit dans cette tactique une menace ou une démarche politique alors que les États-Unis entrent dans une période électorale.

«La position canadienne est même partagée par les grands producteurs américains», ajoute-t-il, affirmant du même coup que c’est le métal de la Russie qui va trouver intérêt à entrer aux États-Unis.

Jean Simard entend travailler de très près avec le gouvernement canadien et compte maintenir une position très ferme, c’est à dire qu’il n’y a pas de «surge» (poussée) pour l’aluminium canadien vers les États-Unis.