La nouvelle chaîne de production d’acier linéaire robotisé Voortman d’Alma Soudure s’étend sur 300 pieds et permet la découpe et le perçage de longues pièces de poutrelles.

Alma Soudure dans l’ère de la robotisation

L’usine de fabrication de pièces mécanosoudées Alma Soudure, de Saint-Bruno, entre dans l’ère de la robotisation. Elle a acquis une ligne de production pour longues pièces utilisant un robot Voortman qui lui permettra d’augmenter sa productivité et sa compétitivité.

L’investissement de 2,4 M$, en grande partie complété, a été souligné, jeudi, avec le passage de la ministre Dominique Anglade, responsable de la Stratégie numérique, et du député de Dubuc, Serge Simard. Le gouvernement du Québec, via le programme ESSOR, a accordé un prêt sans intérêt de 864 250 $ pour la réalisation des travaux et Investissement Québec en a prêté autant à même ses propres fonds.

En plus d’acquérir la chaîne de production d’acier linéaire d’une longueur de 300 pieds destinée à la fabrication de poutrelles de bâtiment, à la découpe et au perçage de pièces d’acier, le président-directeur général d’Alma Soudure, Réjean Savard, et le directeur général, André Gagnon, ont expliqué que la mise en place du nouvel équipement a nécessité l’addition de plusieurs dizaines de mètres carrés de plancher répartis dans différentes sections de l’usine ainsi que l’ajout d’un pont roulant extérieur. 

Selon Julie Simard, directrice régionale d’Investissement Québec, le robot Voortman n’existe qu’à trois exemplaires au Canada, dont deux se retrouvent dans la région.

M. Savard a expliqué que l’expansion à Saint-Bruno n’est pas terminée puisque l’intention de la direction est de regrouper dans la même usine la chambre de peinture des structures qui est présentement en opération à Alma, dans l’ancienne usine. L’ajout d’un nouvel équipement de production d’une valeur d’un demi-million $ est également anticipé.

La direction a indiqué qu’Alma Soudure a le vent dans les voiles avec un volume de travail intéressant. Les travailleurs complètent pour la mi-avril la fabrication de 446 passerelles d’aluminium extrudé provenant de Pexal Tecalum et qui recouvriront, au début juin prochain, le bassin olympique de Montréal en vue d’y loger les équipes du Grand prix de Formule Un. 

La fabrication de poutrelles pour le nouveau hangar de la Base de Bagotville ainsi que des contrats obtenus dans le secteur minier et l’aménagement de nouveaux postes électriques d’Hydro-Québec occupent la centaine de travailleurs.

M. Savard a mentionné que la robotisation d’une partie de l’usine n’aura pas d’incidence sur le niveau d’emploi puisqu’au contraire, il anticipe que l’amélioration de la productivité contribuera à l’ajout de nouveaux travailleurs avec un carnet de commandes à la hausse. « Je prévois que d’ici cinq ans, le chiffre d’affaires de la compagnie, qui est de 12 à 15 M$ actuellement, devrait doubler. »

La ministre Dominique Anglade a annoncé l’octroi d’une aide financière de 1,7 M $ à Alma Soudure sous forme de prêt sans intérêt provenant du programme Essor et d’Investissement Québec. On la voit en compagnie du PDG Réjean Savard et du député Serge Simard.

Faire face à une hausse du coût de l’acier de 20 %

Les velléités protectionnistes du président américain Donald Trump ont des répercussions sur les entreprises régionales comme Alma Soudure qui, depuis trois semaines, fait face à une hausse de 20 % du prix de l’acier entrant dans sa production.

En marge de la conférence de presse, le président-directeur général d’Alma Soudure, Réjean Savard, a expliqué qu’une telle hausse subite a des incidences sur la conduite des affaires. À titre d’exemple, dans le cadre d’appels d’offres qui sont présentement en procédure, il faut presque souhaiter ne pas avoir déposé le prix le plus bas puisque la hausse du prix de l’acier n’était pas encore effective.

Dans le cas d’appels d’offres à venir, l’entreprise doit s’interroger à savoir si elle inclut la hausse du coût de l’acier au risque de perdre le contrat.

Selon les explications fournies, même si l’administration Trump a exempté pour une période d’un mois le Canada et le Mexique de la taxe sur l’acier et l’aluminium, la taxe imposée aux autres pays a des répercussions. André Gagnon, directeur ingénierie, affirme que des entreprises comme Alma Soudure achètent leur acier de deux fournisseurs principaux qui, eux, achètent de l’acier d’aciéries provenant de tous les pays du monde. Ces fournisseurs refilent les hausses de prix découlant de la hausse de taxe.

Lors de la période de questions, la ministre Dominique Anglade a reconnu que le fait que des pays soient touchés par la taxe de Trump amène de nouveaux enjeux. 

« Des gens veulent passer par le Canada pour vendre leur acier. Nous avons formé une table pour identifier les enjeux et contrecarrer ce qui se passe. Prochainement, j’irai aux États-Unis pour discuter des positions protectionnistes qui peuvent créer d’autres enjeux », a-t-elle déclaré.