Le technicien Jean-François Gravel et les participants du voyage Hélène Dionne, Meghan Bergeron, Gino Thibeault et Ariane Girard exposent leur valise solaire, pensée pour les besoins des Péruviens.

Allier les étudiants en électronique industrielle à ceux des sciences humaines

Mettre en commun les forces des étudiants en sciences humaines et celles des étudiants en électronique industrielle, c’est le défi que se sont lancé deux enseignants du Cégep de Jonquière. Ils ont amené 11 élèves, qui proviennent des deux disciplines, en voyage au Pérou pour aider, en fonction de leurs connaissances, la communauté de Nuevo Tingo.

Leur idée est venue lors d’une rencontre entre professeurs. Gino Thibeault, du département en électronique industrielle, a fait part à ses collègues qu’il cherchait une idée de projet à l’international. Hélène Dionne, enseignante en géographie en sciences humaines, a entendu l’appel. Elle faisait déjà des projets au Pérou et a proposé de s’allier. Leur but : aider une communauté, sans perturber leur tissu social. Ils allaient créer des projets pour chaque groupe, mais qui seraient complémentaires.

Les deux étudiants en électronique industrielle se sont concentrés sur une valise solaire qu’ils ont construite, pour voir si elle pourrait être distribuée dans le village. Ils ont fait des recherches sur les besoins en électricité des Péruviens, pour mieux comprendre et trouver comment ils pouvaient les aider. Ils voulaient voir si l’énergie solaire pouvait être implantée dans cette région. Les étudiants ont donc analysé les différents clients potentiels : restaurateurs, particuliers et les agriculteurs.

Du côté des étudiants en sciences humaines, ils se sont concentrés sur l’analyse de l’offre touristique potentielle, et ont réfléchi au déploiement responsable d’énergie verte. « Il y a des gens qui pensent que les étudiants en sciences humaines n’ont pas de spécialité, mais on s’est rendu compte que la leur, c’est la recherche ! » a expliqué Hélène Dionne. Avec des questionnaires et des entrevues, les étudiants de sciences humaines ont pu mettre en pratique la théorie apprise à l’école dans plusieurs domaines, avec des aspects de leur travail en politique, en économie et en sociologie.

Avec des rencontres sur l’heure du midi, les étudiants ont pu travailler ensemble avant le voyage, soit avec des activités de financement et des partenariats toutes les semaines. Les 11 étudiants ont donc appris à bien se connaître avant de faire le grand saut.

DES ÉTUDIANTES CHANGÉES
Meghan Bergeron, étudiante en électronique industrielle, a particulièrement aimé son voyage : « C’était intéressant pour le côté technique, mais il y avait aussi une grande partie du voyage qui était concentré sur le côté humain. » Elle a avoué avoir trouvé la communauté péruvienne plus humaine. « J’ai dû m’adapter au retour, les gens sont tellement vrais là-bas. Je trouve qu’ils ont les priorités aux bonnes places. Ils étaient chaleureux, et simples. »

Le sentiment est partagé par sa collègue, Ariane Girard, finissante en sciences humaines. « Je suis surprise par le fait que les Péruviens s’intéressaient autant à nous, que nous à eux. » Elle a confié qu’elle ne se sentait pas la même personne. « Je me suis rendu compte qu’il y a autre chose dans la vie que ma petite ville au Saguenay, il y a tellement de cultures, de modes de vie. Je pensais que j’avais l’esprit ouvert, mais après ce voyage-là, ça ouvre les yeux. » Les voyages des deux étudiants semblent s’être déroulés sans soucis, et elles affirmaient que le voyage leur avait permis de se dépasser.

SUITE DU PROJET
Les enseignants sont très confiants de l’avenir de leurs projets. « Notre accomplissement est d’avoir trouvé le défi et d’avoir une meilleure conscience de la situation », a souligné Mme Dionne.

Maintenant, les résultats recueillis sur le terrain lui ont permis de comprendre qu’une association touristique répondrait le plus aux habitants de Nuevo Tingo, et elle souhaite que celle-ci soit implantée dans la prochaine année, avec l’aide des étudiants.

Pour ce qui est du projet en électricité, Gino Thibeault est plein d’espoir. Il a affirmé qu’il y avait du potentiel, mais que les résultats ne sont pas encore compilés. « On se rend compte que notre valise n’est peut-être pas la meilleure solution pour tout le monde, mais on pourra faire de meilleures recommandations pour l’année 2018-2019 après avoir analysé nos résultats et fait d’autres recherches. » La validation pour le prochain voyage se fera au cours de l’été.

Hélène Dionne espère que leur projet ouvre la porte à d’autres collaborations. Elle pense que le programme de sciences humaines est large, ce qui peut aider à faire de nombreux projets, puisqu’il y a une foule de facettes qui peuvent être étudiées. « Ces voyages valorisent le programme, qui est souvent victime de préjugés. »