Pascal Cloutier
Pascal Cloutier

Alliance forêt boréale interpelle François Legault pour la relance de l’industrie forestière

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
L’Alliance forêt boréale interpelle le premier ministre du Québec François Legault afin qu’il profite du Plan de relance économique de la COVID-19 pour donner un souffle nouveau à l’industrie forestière tout en réalisant ses engagements électoraux d’apporter des modifications au régime forestier devant permettre aux entreprises d’avoir une meilleure prévisibilité dans la gestion des opérations.

Le communiqué émis par l’Alliance marque le début d’une opération menée par les régions forestières du Québec visant à rappeler au gouvernement que l’industrie forestière représente 60 000 emplois au Québec et doit être considéré comme un joueur central dans le plan de relance. Les élus, représentants d’entreprises et autres partenaires de l’industrie n’ont jusqu’à maintenant aucune indication à l’effet que Québec songe à intégrer ce secteur économique dans son plan de relance.

« Monsieur le premier ministre, vous n’êtes pas sans connaître l’importance du secteur forestier pour l’économie du Québec. De fait, en 2018, vous avez pris l’engagement de voir grand pour l’industrie forestière et de permettre plus de prévisibilité pour les droits de coupe, l’aménagement du territoire et les programmes de soutien en améliorant la Loi des forêts. Aujourd’hui, il est temps de réaliser vos promesses et de passer à l’action », a indiqué le maire de Dolbeau-Mistassini et président de l’Alliance forêt boréale, Pascal Cloutier.

Les demandes de l’organisme visent deux aspects précis. Ils concernent le contenu du programme de relance économique annoncé par le gouvernement du Québec. Les intervenants régionaux ont relu le plan de relance présenté le 3 juin et cherchent toujours des mesures vigoureuses pour aider l’industrie à sortir de la crise afin d’assurer la survie de pas moins de 225 communautés du Québec dont l’économie repose sur l’exploitation forestière.

« Les mesures de soutien du MFFP sont de reporter les droits de coupe des mois d’avril, mai et juin, lorsque durant cette période de dégel on ne coupe presque pas de bois, ainsi qu’augmenter le pourcentage du premier remboursement pour les chemins multiusages, alors que nous n’en avons pratiquement pas construit jusqu’à maintenant. Cette aide est appréciée, mais pas suffisante. Nous avons besoin de mesures qui vont contribuer à baisser nos coûts d’opération, pas seulement les reporter! », indique Alain Paradis, directeur général de Produits forestiers Petit-Paris.

Tout le secteur du reboisement et de la sylviculture joint sa parole à celle des entreprises spécialisées dans la récolte pour obtenir également les sommes nécessaires pour procéder aux travaux de reboisement et de sylviculture. Le secteur sylvicole a vu disparaître des sommes importantes qui vont diminuer les contrats dans les régions.

« Le MFFP a coupé nos budgets sylvicoles de 10 %, ce qui représente 4,5 M$ pour ma région. M. Legault, investissez dans les travaux sylvicoles, laissez les entrepreneurs et leurs professionnels réaliser la planification. Faites-nous confiance, ça va bien aller », insiste Jean-François Harvey de Reboitech.

Les entreprises ont reçu une communication du ministère, mercredi en soirée, qui confirmait un ajout de 20 M$ dans les travaux sylvicoles. La somme ajoutée est en fait un montant qui avait été retiré de l’enveloppe globale. Pour les entreprises, il n’y a aucun signe d’un plan de relance dans cette position du gouvernement.

Le second volet de l’interpellation du premier ministre est tout aussi important puisqu’il vise à contrer les effets pervers du régime forestier mis en place en 2013. Il s’agit de remettre aux entreprises tout le volet de la planification des travaux de récolte et de sylviculture. Les entreprises croient que cette particularité du régime génère des coûts additionnels dans les opérations quotidiennes.

« La forêt peut contribuer activement à la relance de l’économie du Québec, mais le ministre Dufour doit entreprendre d’urgence une réforme du régime forestier qui a douloureusement démontré ses limites. Les acteurs de l’aménagement forestier en récolte et en sylviculture doivent redevenir agiles afin de rendre l’approvisionnement plus compétitif et les métiers plus stimulants. La réforme doit s’intéresser à la prévisibilité des travaux, à la stabilité des entreprises et à notre capacité collective de créer de la richesse », soutient Stéphane Gagnon, directeur général de la Coopérative forestière de Girardville.

Dans le communiqué, les intervenants désirent obtenir plus de souplesse et d’agilité dans la planification des opérations forestières. Depuis 2013, plusieurs cas ont été rapportés à Alliance forêt boréale où des problèmes de planification ont freiné l’activité économique pour différentes raisons.

La sortie d’Alliance forêt boréale suit celle de la CSN de 24 heures sur ce que ces organisations considèrent comme « l’absence d’un plan de relance pour l’industrie forestière québécoise ». Le cabinet du ministre Pierre Dufour, titulaire des Forêts, a réagi à cette sortie en rappelant les différentes annonces du gouvernement du Québec en lien avec l’industrie forestière depuis le début de la pandémie. La ministre n’a pas l’intention de répondre à la seconde sortie du milieu forestier très critique à l’endroit de l’action gouvernementale.