La présidente du Syndicat de l’enseignement du Saguenay (SES), Aline Beaudoin, explique que les revendications des enseignants visent à améliorer la reconnaissance de cette profession.

Aline Beaudoin surprise par la visite de la FAE

Rencontrée mardi matin dans les bureaux du Syndicat de l’enseignement du Saguenay (SES), la présidente du SES, Aline Beaudoin, était plutôt surprise de la visite de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) dans la région. Mme Beaudoin parlait au nom du SES, du Syndicat de l’enseignement de Louis-Hémon, du Syndicat de l’enseignement De La Jonquière et du Syndicat de l’enseignement du Lac-Saint-Jean.

« On se demande qu’est-ce qu’ils font ici en réalité, parce qu’ils n’ont pas de membres ici, d’une part, et d’autre part, on est tout à fait en mesure de représenter nos propres membres », déclare Aline Beaudoin, qui est d’avis que la FAE n’est pas la mieux placée pour parler des réalités régionales.

« Nos membres sont distincts. Les réalités montréalaises, ce n’est pas les réalités saguenéennes. Ici, on est dans une organisation où il y a des milieux plus importants, plus gros, urbains, et des milieux ruraux aussi. »

Du côté des revendications syndicales, Mme Beaudoin suggère elle-même qu’il est probable que les demandes soient semblables. En effet, reconnaissance des professeurs, augmentation du salaire pour rejoindre la moyenne canadienne, allègement de la tâche de travail et meilleure composition des classes sont toutes des revendications communes aux deux fédérations.

Pour le salaire, les revendications de la FSE portent une attention particulière au personnel non enseignant. « La première année, on demande 2 $ de l’heure, ce qui vient rejoindre les plus bas salariés, comme les secrétaires d’école et les concierges. On fait un effort là-dessus, on sait que 2 $ de l’heure pour un enseignant, c’est moins important, mais en même temps ça permet de rééquilibrer les salaires, parce que si tu y vas juste en pourcentage les écarts s’étirent un peu. » Pour les deux autres années de la convention collective, la FSE, tout comme la FAE, prévoit une augmentation annuelle de 3 %.

La composition des classes, un enjeu majeur

Tout comme Sylvain Mallette, le président de la FAE, Aline Beaudoin est d’avis que le nombre d’élèves dans les classes doit être adapté en fonction des besoins spécifiques de ceux-ci. « On demande une composition de classe qui va offrir des conditions propices, pour les élèves, à l’apprentissage, et pour les enseignants, à enseigner », indique Mme Beaudoin. Elle explique que cette demande peut être réalisée par la baisse générale du ratio d’élèves par enseignant, pour les années où les élèves sont trop jeunes pour que leurs besoins spécifiques soient identifiés, par exemple en première année du primaire. À partir du moment où les besoins des élèves sont identifiés, Aline Beaudoin explique que la composition des classes du primaire pourrait se faire en fonction du plan d’intervention. Au secondaire, la composition serait adaptée selon une moyenne estimée à la baisse. Le milieu serait ensuite en droit de décider eux-mêmes de la composition des classes.

Au final, Aline Beaudoin résume bien simplement les revendications qui seront l’enjeu de la négociation collective. « Ce qu’on veut, c’est de l’aide, et ça fait longtemps qu’on en demande. » Elle rappelle le rôle de la FSE. « On est capables de dénoncer des choses, mais on va en proposer d’autres. On n’est pas contre le patron, on a les mêmes problèmes, maintenant comment peut-on trouver des solutions ? »