Alexandre Taillefer a pris part à titre de conférencier à la Rentrée du numérique à Saguenay, qui se tenait à l’OTL Gouverneur.

Alexandre Taillefer: une initiative pour contrer Amazon

L’homme d’affaires bien connu Alexandre Taillefer a présenté, mercredi, dans le cadre de la Rentrée du numérique à Saguenay, un projet secret sur lequel travaillent plusieurs entreprises québécoises qui vise à créer un environnement commercial sur Internet qui viendrait concurrencer les géants comme Amazon et Wayfair. Cependant, en fin de conférence, il a admis que son poste de président de la campagne électorale du Parti libéral du Québec l’a amené à se retirer de l’initiative pour ne pas lui nuire.

L’événement se tenait à l’OTL Gouverneur de Chicoutimi, où se réunissait une bonne partie des entreprises impliquées dans le numérique dans la région.

Le propriétaire de L’Actualité et de Voir a présenté le projet Grand.io sur lequel planchent plusieurs personnes au Québec. Il s’agit de mettre ensemble les ressources québécoises de quatre secteurs d’activités, soit les détaillants, les médias, les institutions financières et la logistique, notamment pour la livraison. « C’est un projet utopiste », a d’abord lancé l’entrepreneur. En plus de l’écosystème d’achat local, le projet serait basé sur une identité informatique, nommée Uniqc, qui servirait de base transactionnelle pour tous les utilisateurs. De plus, question d’éviter de donner ses informations à de grandes entreprises privées, les deux initiatives seraient la propriété de coopératives citoyennes. Les médias serviraient à établir la marque.


«  J’ai pris la décision de me retirer de ce projet-là il y a plusieurs mois, justement parce que je ne veux pas que ça nuise au projet.  »
Alexandre Taillefer

L’objectif de tout ça est de rapatrier les achats faits hors du Québec sur Internet. « Ça prend des casiers dans toutes les Caisses populaires, les Banque Nationale, les stations de métro ou les abris d’autobus pour que les gens soient en mesure d’arrêter prendre leurs colis. On doit être en mesure d’avoir un service de livraison en quatre heures ou en 24 heures », a-t-il détaillé.

L’ancien Dragon a d’ailleurs raconté qu’il relevait de l’exploit d’asseoir à la même table des concurrents. Outre les deux institutions financières qu’il a nommées, il a refusé de dire qui est impliqué actuellement. « Il y a une quinzaine de détaillants québécois. Mais c’est un projet sous le radar. Il y a beaucoup de SDC (sociétés de développement commercial), de petites, grandes et moyennes entreprises. Il y a encore 18 mois de travail », a-t-il répondu à une question du public.

C’est par la suite que Le Quotidien l’a interrogé à savoir si des entreprises pouvaient se montrer frileuses à collaborer au projet, étant donné son implication avec le Parti libéral. « J’ai pris la décision de me retirer de ce projet-là il y a plusieurs mois, justement parce que je ne veux pas que ça nuise au projet. (...) Le projet que je présente aujourd’hui est un projet dans lequel je ne suis pas impliqué. Mais c’est un projet auquel j’adhère parce que je pense que c’est très important de travailler ensemble pour développer une alternative », a-t-il révélé avant de quitter.