Alors que s’achève son dernier mandat comme député de Lac-Saint-Jean, à l’Assemblée nationale, Alexandre Cloutier vient d’être nommé vice-recteur aux partenariats et secrétaire général à l’UQAC.

Alexandre Cloutier à l’UQAC

Alexandre Cloutier devient le nouveau vice-recteur aux partenariats et secrétaire général de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC). L’actuel député péquiste de Lac-Saint-Jean, qui se retirera de la vie politique au terme du présent mandat, entrera en poste le 29 août, la journée même de la dissolution de l’Assemblée nationale en vue des élections du 1er octobre.

La nomination d’Alexandre Cloutier, 41 ans, a été entérinée par le conseil d’administration de l’université, vendredi matin. Le candidat choisi a appris la nouvelle quelques minutes plus tard. Il s’agit d’une suite logique pour celui qui était, jusqu’à tout récemment, porte-parole de l’opposition officielle en matière d’enseignement supérieur et de recherche. Le nouveau vice-recteur aux partenariats a dû se soumettre à un processus de sélection rigoureux.

Au cours d’une entrevue accordée au Progrès, peu après l’annonce de sa nomination, Alexandre Cloutier a expliqué qu’il a attendu à la toute dernière minute avant de répondre à l’appel de candidatures lancé par l’UQAC. La date butoir avait été fixée à la mi-juin, et le Jeannois a fait parvenir son curriculum vitae (CV) la veille de la fermeture du concours.

Lorsqu’il a annoncé son intention de se retirer de la politique, en janvier, après 11 ans comme député, Alexandre Cloutier avait laissé entendre qu’il prendrait le temps de réfléchir à son avenir. Au cours des derniers mois, des rumeurs l’ont envoyé chez Promotion Saguenay et à l’UQAC. C’est la deuxième option qui s’est avérée.

Un rôle qui colle à ses valeurs

«Au départ, j’avais envie de voir ce qu’était la vie dans le secteur privé. Quand j’ai vu ce poste, je me suis dit que le rôle correspondait exactement à mes valeurs. Pendant les vacances, je me suis demandé: “Qu’est-ce qui est essentiel pour moi?”. La réponse était: vivre ici, chez moi, travailler au développement de ma région, et sur des thèmes qui me sont chers. Je n’ai appliqué que sur un poste, et c’est celui-ci», a raconté Alexandre Cloutier, dont le profil s’est démarqué d’une douzaine de candidats. Au terme d’entrevues et de tests psychométriques, lesquels, admet le nouveau vice-recteur, lui ont permis d’en apprendre davantage sur sa propre personne, il a été considéré comme la perle rare.

«Je me trouve privilégié. J’ai eu une transition tout en douceur, avec du temps pour réfléchir à mon avenir. Ce n’est pas tout le monde qui a cette chance. Pour moi, c’est un peu comme la quadrature du cercle. C’est un privilège de pouvoir promouvoir le développement régional et l’UQAC, qui est un joyau en région», note Alexandre Cloutier, qui entend mettre à profit son épais carnet de contacts, au fur et à mesure qu’il se familiarise avec son nouvel emploi. Celui-ci devrait lui permettre de s’impliquer dans plusieurs sphères d’activité, en matière de relations avec le milieu et gouvernementales, de même qu’en développement international. Les activités de l’UQAC sur la Côte-Nord et l’École des arts numériques, de l’animation et du design (NAD), à Montréal, intéresseront le vice-recteur aux partenariats.

Il s’agit en fait d’un nouveau poste créé par l’université afin de favoriser la synergie entre les membres de la direction, et de mousser le métissage d’expérience et de savoir-faire. Le profil juridique d’Alexandre Cloutier, diplômé en droit constitutionnel de l’Université de Montréal, détenteur d’une maîtrise de l’Université de Cambridge et membre du barreau du Québec depuis 2002, sera utile dans le volet secrétariat général de ses fonctions.

Alexandre Cloutier précise que tout au long du processus, il a bénéficié de l’accompagnement de la commissaire à l’éthique de l’Assemblée nationale. Par souci de transparence et pour éviter de se retrouver dans une situation de conflit d’intérêts, celui qui est toujours député a démissionné de son poste de porte-parole de l’opposition officielle en matière d’éducation, dès l’envoi de son CV à l’UQAC.

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UNE GROSSE PRISE

Pour la rectrice de l’UQAC, Nicole Bouchard, Alexandre Cloutier représente une très grosse prise. 

«Il y a eu un processus de nomination formel. On savait qu’il y avait des gens de talent. Quand le comité a vu la candidature d’Alexandre, on s’est dit que c’était vraiment le type de candidat que l’on souhaitait attirer», a-t-elle mis en contexte, ajoutant qu’il est du désir de l’UQAC, en cette année charnière, qui marque son 50e anniversaire, de «s’entourer des meilleurs». 

Alexandre Cloutier aura éventuellement l’occasion de s’exprimer sur divers enjeux et de parler au nom de l’UQAC dans la sphère médiatique, ce qu’il sait faire avec aisance, en raison de son parcours politique. 

«Vous savez, je n’ai pas un très grand ego de rectrice. Je ne demande pas mieux que d’être entourée de personnes plus compétentes que moi. La liberté académique est souvent un concept qui est galvaudé. Dans notre milieu, il faut avoir la capacité de questionner les statu quo et de tenir un discours plus éclairant et éclairé. Il y a de la place pour la pensée libre», dit Nicole Bouchard, reprenant le thème du dernier congrès de l’Association francophone pour le savoir (ACFAS), dont l’UQAC a été l’hôte.

Alexandre Cloutier ne sera donc pas «bâillonné», assure la rectrice, précisant que la direction a bien l’intention de donner le temps à sa nouvelle recrue d’apprivoiser ses fonctions. Le vice-recteur aux partenariats et secrétaire général est d’ores et déjà certain d’une chose: le futur ministre de l’Éducation du Québec va entendre parler de lui.