Alain Gagnon, président du SNEAA-Unifor, a tenu à faire le point sur l’état de situation au sein du Complexe Jonquière de Rio Tinto dans le contexte de la COVID-19.
Alain Gagnon, président du SNEAA-Unifor, a tenu à faire le point sur l’état de situation au sein du Complexe Jonquière de Rio Tinto dans le contexte de la COVID-19.

Alain Gagnon fatigué des critiques

Denis Villeneuve
Denis Villeneuve
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
Le président du Syndicat national des employés de l’aluminium d’Arvida (SNEAA-UNIFOR), Alain Gagnon, constate que la crise de la COVID-19 et l’application des mesures sanitaires mises en place par les autorités publiques soulèvent du brassage et un vent de critiques parmi certains travailleurs du Complexe Jonquière de Rio Tinto.

En entrevue avec Le Quotidien, jeudi matin, M. Gagnon ne cache pas que ces derniers jours ont été forts occupés pour lui et les vices-présidents du syndicat ainsi que le groupe santé, dans le contexte de la mise en place des mesures de contingence parmi toutes les installations couvertes par son accréditation.

« On doit en couvrir très large. On part d’Énergie Québec jusqu’aux salles de cuves. Certains paniquent et pensent que la compagnie veut faire fermer les usines. On tente de faire comprendre que notre but premier actuellement est de maintenir les installations en opération. On maintient le cap pour que le patron en fasse plus que moins pour maintenir les travailleurs en santé », déclare M. Gagnon, visiblement exaspéré par l’attitude de certains de ses membres.

Il avoue faire face à la critique de la part de certains qui reprochent aux officiers syndicaux de ne pas être présents dans les secteurs d’exploitation alors que lui-même et les représentants syndicaux ne peuvent échapper aux mesures de confinement pour des motifs sanitaires afin d’éviter la contamination de collègues.

« On doit expliquer que si, demain matin, on n’a plus de bauxite, on n’a plus d’électricité ou de fluorure parce que trop de travailleurs sont malades, on va faire quoi dans les usines ? Il faut se confiner et on fait aussi face à ça. »

Une autre mesure qui suscite du brassage a trait au droit de refus de travailler et au congé payé de 14 jours dont voudraient profiter certains lorsqu’une personne est de retour d’un voyage à l’étranger ou a fréquenté un collègue ayant voyagé. Or, M. Gagnon précise que la ligne a été tracée et que la quarantaine s’applique obligatoirement pour les retours à compter du 16 mars.

« Une directive a été émise par la Direction de la rémunération dimanche. Depuis le 16 mars, c’est chez vous pour 14 jours si tu es de retour de l’étranger. Celui qui part à partir du 16 n’aura pas de congé payé pour sa quarantaine à son retour. On va émettre un communiqué pour mettre tout le monde au diapason », précise M. Gagnon.

Selon le SNEAA-Unifor, chaque heure, on entend parler de nouvelles fermetures à la grandeur du Québec. La situation évolue continuellement et la compagnie s’ajuste au fur et à mesure.

« Pour nous, il est essentiel de maintenir en toute sécurité les opérations. La compagnie regarde plusieurs scénarios de plans de contingence avec notre collaboration, et soyez assurés que nous mettrons tous les efforts nécessaires pour y arriver », a indiqué M. Gagnon.

Ce dernier avoue être déçu du comportement de certains travailleurs qui n’ont pas hésité à carrément lui chanter des bêtises comme jamais en 13 ans de vie à la présidence syndicale.

« J’ai une partie de clientèle à qui on donnerait un pont d’or et qui ne serait pas satisfaite. On est toute une gang pour tenter de trouver des solutions et détendre les situations le plus possible », a-t-il ajouté.

M. Gagnon invite les travailleurs à appliquer les mesures sanitaires mises de l’avant, à savoir conserver une distance d’un mètre entre les individus, éviter les déplacements inutiles, faire son travail et rentrer à la maison.