Alain Gagnon ne veut plus que la région se fasse dicter quoi faire par les gens de l’extérieur.

Alain Gagnon appelle la région à se faire confiance

Ambassadeur de la campagne Je crois en ma région, le président du Syndicat national des employés de l’aluminium d’Arvida, Alain Gagnon, plaide pour que le Saguenay-Lac-Saint-Jean se fasse confiance et arrête de se faire dicter la marche à suivre par les gens de Montréal.

Questionné à la suite de la publication d’une lettre dans l’édition de mardi du Quotidien, dans laquelle il espère que la région pourra se donner les conditions gagnantes pour rapatrier la main-d’œuvre qui a quitté, Alain Gagnon exhorte la population à se prendre en main.

« Est-ce qu’on peut se faire confiance comme région ? Il faut trouver comment arrêter l’autre côté de la 175 de se mêler de nos affaires. On a tout ce qu’il faut, ici, pour se prendre en main ; les maisons d’enseignement, les centres de recherche, l’université. Et il y a le BAPE (Bureau d’audiences publiques sur l’environnement). »

Alain Gagnon était présent au lancement officiel du mouvement Je crois en ma région, le 12 novembre, à la Boîte à Bleuets d’Alma. Il a accepté d’embarquer dans cette campagne qui donne un oui conditionnel aux grands projets dès qu’il a été approché. Mardi vers 17h, 3713 personnes avaient adhéré au mouvement.

« Je ne suis pas en train de dire oui à tout, mais on peut-tu faire l’exercice comme il faut et faire attention à notre région ? Oui. On peut-tu faire attention à notre environnement ? Oui. Mais on peut-tu analyser comme il faut la situation ? Oui. »

« Je ne dis pas qu’il faut les [grands projets] faire à tout prix, mais on va les regarder, les faire correctement, intelligemment, et se servir du BAPE. »

Selon Alain Gagnon, la région a toutes les capacités pour prendre une décision éclairée « si le projet n’a pas d’allure. Et s’il y a des corrections à apporter au projet pour notre environnement, je pense qu’on a ce qu’il faut pour le faire ».

À quelques reprises au cours de l’entrevue, le président de syndicat a comparé les commentaires entourant les grands projets à des enfants qui disent ne pas aimer la nourriture sans y avoir goûté.

« Est-ce qu’on peut faire l’exercice de regarder les projets comme il faut ? Je pense que oui. Il y a une majorité silencieuse qui est d’accord avec tout ça, mais on n’a pas la tribune pour le faire. Quand j’ai embarqué dans là-dedans, c’était pour mettre ma voix dans l’engrenage. »

Alain Gagnon espère, s’ils se réalisent, que les grands projets pourront rapatrier la main-d’œuvre qui a quitté au profit des grands centres. Sur un plan personnel, il explique que 18 de ses neveux et nièces ont quitté la région en raison de l’emploi. Bien qu’il comprenne qu’il y a des citadins dans l’âme, il espère que ceux qui veulent profiter de la qualité de vie offerte par la région pourront le faire.

Par le fait même, il aimerait voir la région se débarrasser de la mentalité de mono-industrie liée à l’aluminium.

« Le monde a dit pendant des années qu’on était dépendants d’Alcan et de Résolu, mais si on n’a pas d’autres projets, comment voulez-vous qu’on se débarrasse de ça ? »

Collaboration

L’un des souhaits d’Alain Gagnon est de voir naître une collaboration entre la région et les grands centres plutôt qu’une confrontation.

« Pourquoi Montréal ne nous aide pas à avoir des projets ? On va les aider à notre tour. On ne se mêle pas du troisième lien à Québec, c’est leur débat en tant que société. C’est correct, ils ont des problèmes de trafic. Montréal veut un autre métro, un projet à coups de milliards. Ils vont le faire selon les mesures environnementales et c’est tant mieux pour eux. »

« Pourquoi on ne s’aide pas ? C’est petit le Québec. Encore une fois, on laisse la gang du Plateau nous “runner”. Il faut renverser la vague. »

Sylvain Gaudreault

Invité à commenter le lancement de la campagne à la chefferie de Sylvain Gaudreault, Alain Gagnon dit qu’« il est constant depuis le début, il est positionné ».

« S’il détient des informations qu’on n’a pas, c’est peut-être ça qui fait qu’il se positionne. Il a droit à son opinion. C’est un monsieur super dans notre région, je le rencontre souvent. Mais moi je dis “on peut tu faire l’exercice correctement ? ” »