Alain Gagnon

Alain Gagnon a parlé à Rio Tinto

Le président du Syndicat national des employés de l’aluminium d’Arvida (SNEAA), Alain Gagnon, a reçu l’assurance de la direction régionale de Rio Tinto (RT) que la surtaxe américaine sur l’aluminium et l’acier n’aurait pas d’impact sur les projets récemment annoncés par le géant de l’aluminium.

Invité à réagir à la taxe de 10 pour cent sur le métal gris et de 25 pour cent sur l’acier, annoncée jeudi par le gouvernement de Donald Trump, le chef syndical a confié qu’il l’avait vue venir. Jerry Dias, le président national du syndicat Unifor, qui chapeaute le SNEAA, siégeait d’ailleurs à la table de négociation de l’ALÉNA.

« On voyait venir la menace des Américains. On voit aujourd’hui que ce n’était pas des paroles en l’air. Il va rester à voir comment le gouvernement Trudeau va réagir. Est-ce une stratégie de menace ? J’ai toujours espoir que Trump fait ça pour mettre de la pression dans les négociations », a déclaré le leader syndical.

Alain Gagnon indique que des milliers d’emplois seront perdus si la surtaxe est appliquée.

« On a eu le vent dans la face longtemps. Maintenant, on avait un vent porteur d’espoir pour des investissements. On va s’assurer que l’employeur maintient ses projets. Quand je leur ai parlé ce matin, ils m’ont dit qu’ils avaient l’intention de continuer », a-t-il indiqué, faisant référence à la récente annonce de la création de la société Elysis, une coentreprise qui permettra la production d’aluminium vert. La région est toujours en attente d’investissements qui permettront la réalisation de la phase 2 et 3 d’AP-60, à Jonquière, et l’agrandissement de l’Usine Alma.

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CE QU'ILS ONT DIT

« Je déplore cette décision qui est inqualifiable, une mauvaise décision. Même sur le plan interne aux États-Unis, ça fera monter le prix. C’est dommage pour nos travailleurs de Jonquière qui produisent le plus d’aluminium. Pourtant, nous avions toutes les cartes pour avoir des annonces d’investissement avec l’entente d’Alma, l’aluminium plus vert, la nouvelle technologie annoncée et le prix du marché qui est en croissance. C’est une autre tuile qui nous tombe sur la tête et ça nous prend des mesures importantes. Je suis déçu de la réaction de la ministre Anglade et du premier ministre Couillard qui nous ont répondu qu’ils ne souhaitaient pas réagir à du protectionnisme par du protectionnisme. Finalement, ils sont un peu à la remorque. Il faut penser à un plan d’aide un peu comme lors de la crise du bois d’oeuvre. J’ai confiance, à long terme, en la qualité du produit et faudra trouver des solutions entre temps.»

- Sylvain Gaudreault, député de Jonquière

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« Justin Trudeau est venu dans la région en mars dernier en affirmant qu’il avait soutenu les travailleurs du secteur de l’aluminium face aux Américains. Hier [mercredi] encore, le premier ministre donnait l’impression que tout était sous contrôle dans le dossier. Ce matin [jeudi], le couperet est tombé et c’est toute notre région qui risque d’en subir les contrecoups.»

- Richard Martel, candidat conservateur dans Chicoutimi-Le Fjord

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« On trouve cela inacceptable. On demande que le gouvernement Trudeau poursuive les négociations avec les États-Unis. On vient d’annoncer une grande technologie avec des entreprises américaines. L’objectif, c’est, entre autres, d’enrichir et de fournir de l’employabilité à ces entreprises. On voit ce que Trump fait et ce n’est même pas bon pour l’économie américaine. J’imagine qu’une entreprise comme Alcoa qui est partenaire de la nouvelle technologie n’est pas très contente de l’annonce. On a 40% des alumineries canadiennes dans la région. »

- Carl Côté, président de la Chambre de commerce et d’industrie Saguenay-Le Fjord

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« Cette décision de l’administration américaine aura des effets négatifs sur la chaîne de valeur intégrée de l’aluminium en Amérique du Nord. Les consommateurs et les entreprises qui approvisionnent les consommateurs américains souffriront lorsque les prix augmenteront en raison de ces tarifs, ce qui nuira à la compétitivité de toute l’industrie nord-américaine de l’aluminium. Les États-Unis devraient se concentrer sur le véritable problème, soit la surcapacité de la Chine.»

- Jean Simard, président et chef de la direction de l’AAC

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« Le Canada a toujours été exempté de tels tarifs par le passé parce que rien ne justifie le recours à une telle mesure, tant au chapitre de l’économie que de la sécurité nationale. L’acier et l’aluminium canadiens n’ont rien à voir avec le problème qui préoccupe l’administration américaine, ils ne font pas partie du problème. Imposer ainsi des tarifs risque de nuire aux économies et aux travailleurs des États-Unis et du Canada.»

- Ken Neumann, directeur canadien des Métallos

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« Justin Trudeau et son gouvernement n’ont pas su bâtir un rapport de force face à Donald Trump. Ils n’ont jamais résisté aux attaques des États-Unis de Trump : surtaxes sur le bois d’œuvre et surtaxes sur les avions. En se laissant marcher sur les pieds de la sorte sans jamais répliquer, ils ont ouvert la porte à d’autres surtaxes dévastatrices qui nuiront grandement aux emplois dans l’aluminium et l’acier et à toute l’économie québécoise. »

- Martine Ouellet, chef du Bloc québécois 

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« Au départ, c’est toujours une inquiétude avec ce qui se passe avec les Américains qui sont nos principaux clients. Je sais qu’avec le bois d’oeuvre, on a réussi à maintenir la production, et en bout de ligne, ce sont les Américains qui ont eu à subir des augmentations de coûts sur les matériaux. Est-ce que ce sera la même chose? Ce qui me réconforte avec l’Usine Alma, c’est que l’aluminium est fait d’alliages spécialisés. Je pense qu’ils ont beaucoup plus besoin de nos produits. J’espère que ça n’affectera pas trop la clientèle. Je demeure convaincu que ce sont les Américains, eux-mêmes, qui auront à subir les augmentations de nos matériaux de ressources premières. »

- Marc Asselin, maire d’Alma