Le préfet de la MRC de Maria-Chapdelaine, Luc Simard

Aires protégées: des inquiétudes dans le Haut-du-Lac

Le préfet de la MRC de Maria-Chapdelaine, Luc Simard, et le maire de Dolbeau-Mistassini, Pascal Cloutier, mettent en garde Québec contre la création de nouvelles aires protégées sans consulter la population, alors que les études d’impacts socio-économiques pour l’industrie forestière n’ont toujours pas été réalisées.

Les deux élus réagissaient au rapport annuel de la Société pour la nature et les parcs (SNAP), qui réclame l’ajout d’une zone de 2000 kilomètres carrés à l’aire protégée des Montagnes-Blanches, au nord du réservoir Manouane, et la création d’une nouvelle aire protégée pour la zone du réservoir Pipmuacan.

Dans le second cas, le projet supporté par la communauté indienne de Pessamit est apparu dans le décor au cours des derniers mois, et les dimensions ne sont pas encore connues.

Selon Pascal Cloutier, les maires des communautés forestières n’ont toujours pas eu de retour du gouvernement du Québec quant à la réalisation des études d’impacts socio-économiques sur toute la question de la mise en place des aires protégées. Les élus municipaux comprennent bien que les groupes de pression vont tout faire pour soustraire à l’aménagement forestier des superficies importantes de la forêt boréale.

Ils ont bien compris la demande du directeur général de la SNAP, Alain Branchaud, qui réclame une étude socio-économique sur un agrandissement de l’aire protégée des Montagnes-Blanches de 2000 kilomètres carrés (perte estimée de 600 emplois directs, indirects et induits), questionne la pertinence économique de maintenir les opérations forestières dans cette zone.

Les élus ne digèrent pas que l’on puisse songer à faire des études de la sorte pour mettre fin aux opérations forestières dans une zone, alors que Québec traîne de la patte dans les études pour mesurer les impacts économiques des différentes politiques de protection du territoire (caribou, aires protégées).

Pascal Cloutier

« On tente aussi de toujours mettre en contradiction l’exploitation forestière et le développement touristique ou celui de la villégiature. Ce n’est pas vrai. Depuis des années, le développement de la villégiature se fait en parallèle avec l’exploitation forestière, et il n’y a pas de problème. On doit cesser de dire que les opérations forestières sont en opposition au tourisme et à la villégiature. Au contraire, les opérations forestières permettent de maintenir les routes qui donnent accès », reprend le préfet Simard.

Les maires des communautés forestières sont de plus en plus inquiets du silence des gouvernements en lien avec les plans de protection du caribou et les aires protégées.

Lors de la relance de l’Alliance forêt boréale à Dolbeau-Mistassini, les participants avaient exigé que le gouvernement active les choses afin d’avoir une meilleure idée par rapport à la situation du caribou forestier. Québec, il faut le mentionner, refuse toujours de rendre publics les derniers inventaires de caribou, réalisés l’hiver dernier.

Forum
Les deux élus constatent que depuis la fermeture de la Conférence régionale des élus, il n’y a plus de forum pour permettre à la région de prendre des positions dans des dossiers économiques importants. « On ne sait plus vraiment ce qui se passe. Les gens travaillent de leur côté. On avait réussi à changer la perception des gens face à l’exploitation forestière, et on doit continuer de le faire. »

L’agrandissement de l’aire protégée des Montagnes-Blanches serait de 2000 kilomètres carrés.

Selon le préfet Simard, la forêt du Québec est aujourd’hui exploitée consciencieusement. Mais il fait le constat dont personne ne semble se soucier. Il défend le droit aux citoyens des régions de pouvoir vivre de l’exploitation des ressources. Ce qui nécessite, pour Luc Simard, la possibilité de récolter la forêt. Ce dernier juge que les travailleurs forestiers sont les mieux placés pour protéger la ressource puisqu’ils en vivent.

Pascal Cloutier et Luc Simard demandent au gouvernement du Québec de mettre un frein à la création d’aires protégées dans la forêt boréale tant et aussi longtemps qu’un portrait précis des populations de hardes de caribous ne sera pas complété. Ils attendent toujours la conclusion des engagements du gouvernement de réaliser des études d’impacts socio-économiques avant d’aller plus loin dans la soustraction des territoires à l’exploitation forestière.