Aide aux organismes: Saguenay sera plus sévère

Saguenay prépare le ménage dans l’aide de 21,3 M$ qu’elle accorde annuellement aux 537 organismes culturels, communautaires et sportifs et la première tâche qui leur sera imposée sera d’obtenir une reconnaissance en bonne et due forme de Saguenay d’ici le 30 novembre prochain. L’objectif poursuivi vise à dépolitiser l’actuel programme de soutien applicable aux organismes.

En conférence de presse à l’hôtel de ville de Chicoutimi, la mairesse Josée Néron, accompagnée de Guylaine Houde, directrice du service des sports, loisirs et culture, a annoncé qu’elle remplirait une promesse électorale avec l’entrée en vigueur le printemps prochain de la nouvelle politique de soutien qui est accompagnée d’une politique de reconnaissance des organismes. « La Ville veut continuer à soutenir les organismes reconnus. Le travail réalisé jusqu’à maintenant vise à uniformiser l’information transmise aux organismes pour obtenir de l’aide et favoriser une analyse équitable des dossiers des organismes. On dépolitise l’aide aux organismes », a déclaré d’entrée de jeu Mme Néron.

Elle a expliqué que par le passé, les ressources financières et matérielles offertes aux organismes étaient dispersées à travers différents canaux que sont les différentes directions de services de Saguenay, Promotion Saguenay, les enveloppes discrétionnaires des conseillers municipaux, des contacts personnalisés, ce qui se traduisait souvent par des dédoublements, et ce, sans toujours connaître les organismes à qui l’argent est destiné. Mme Néron ajoute qu’aucune règle n’était uniforme sur les territoires d’une ancienne ville à l’autre. « On veut cesser d’entendre des commentaires du genre “pourquoi un tel montant a été accordé à tel organisme”. Ce n’est plus parce qu’un organisme fait de nombreux appels à l’hôtel de ville qu’il aura plus d’aide », a indiqué Mme Néron.

Parmi les critères généraux adoptés, les organismes devront apparaître au Registraire des entreprises du Québec, avoir son siège social ou un établissement à Saguenay, être en règle avec les autorités gouvernementales, réaliser principalement ses activités à Saguenay et entretenir une vie démocratique. Des efforts d’autofinancement devront avoir été démontrés et les organismes devront avoir des membres du conseil d’administration qui résident à Saguenay.

Les organismes à caractère partisan, religieux ou qui ont pour unique but d’organiser des foires commerciales, ainsi que les sociétés-écrans seront exclus d’office. Interrogée afin de savoir si un organisme comme la Saint-Vincent-de-Paul ou un festival des vins peuvent être comparés à un organisme religieux ou une foire commerciale, Mme Houde a indiqué que la politique de reconnaissance servirait à distinguer le tout.

La mairesse a mentionné que l’objectif de la reconnaissance n’est pas d’exclure les organismes déjà aidés puisque ceux qui ne répondront pas aux critères généraux disposeront d’une année pour s’ajuster et répondre aux critères de base.

Des critères spécifiques s’appliquent pour les organismes œuvrant dans les secteurs culturels, sportifs, de loisir et communautaires.

Même si les organismes reçoivent la reconnaissance de la Ville pour une période de trois ans, rien ne garantit qu’ils recevront une aide, précise-t-elle.

Subventions majeures

Interrogée sur les aides financières majeures accordées par Saguenay à des organismes comme le Zoo sauvage de Saint-Félicien, à qui Promotion Saguenay a accordé sous l’administration Tremblay 400 000 $ sur quatre ans, Mme Néron a mentionné que l’entente serait appliquée jusqu’à son terme, mais qu’il faudra s’attendre à des changements pour le futur. Elle a ajouté que les organismes œuvrant en tourisme comme le zoo, un produit d’appel qui n’est pas couvert par la politique de reconnaissance, seraient référés à Tourisme Saguenay-Lac-Saint-Jean, puisque ce dernier est responsable de la stratégie de développement touristique régionale.

En ce qui a trait à l’augmentation de l’enveloppe de 21,3 M$ réservés aux organismes pour le budget 2019, Mme Néron a refusé de se prononcer sur le sujet.