Affrontement à l’horizon

Un peu plus de 90 personnes, maires, syndicalistes et industriels de la forêt ont convergé vers le Juvénat de Dolbeau-Mistassini, mardi, pour prendre part à ce qu’il est convenu d’appeler la seconde phase de la guerre du caribou forestier, alors que l’affrontement mettra en scène les deux paliers de gouvernement face aux communautés de la forêt boréale.

La première bataille a été livrée contre les groupes de pression. Cette fois, l’Alliance forêt boréale veut réveiller les élus fédéraux et provinciaux sur l’enjeu de cette guerre. Ils ont également de sérieux doutes sur les manœuvres des fonctionnaires du ministère des Forêts du Québec, qui sont parvenus à imposer un programme basé sur la norme fédérale.

Des maires de l’Ontario, la Côte-Nord et des communautés forestières de la région et la Mauricie ont répondu à l’appel. Ils ont tous constaté, au cours des dernières semaines, la rigidité de la ministre fédérale de l’Environnement Catherine McKenna, qui entend imposer de force aux provinces le plan fédéral.

Le maire de Dolbeau-Mistassini, Pascal Cloutier, a donné le ton à cette soirée en informant ses invités que « bientôt, il va falloir se lever pour contrer des décisions qui pourraient avoir un impact majeur sur nos communautés avec la réduction des approvisionnements forestiers ».

Il a été suivi du maire de Hearst, une petite communauté du nord de l’Ontario, Roger Sigouin, qui a lancé un vibrant appel à ses collègues du Québec. « On a le droit de vouloir vivre dans nos communautés. Mais on a besoin de support, de vous. Si on perd notre économie, on va fermer des écoles, des hôpitaux, il ne restera plus rien », a affirmé M. Sigouin. « Quand je rencontre le gouvernement, je les invite à venir nous lâcher une bombe sur la tête, que ça va être la même chose avec le projet du caribou forestier », a déclaré le maire ontarien, qui entend s’allier aux communautés de l’Alberta.

La première bataille avait été livrée contre les groupes de pression. Cette fois, l’Alliance forêt boréale, qui a réuni environ 90 personnes hier, veut réveiller les élus fédéraux et provinciaux sur l’enjeu de cette guerre du caribou forestier.

Le maire Sigouin a conclu avec un avertissement. « Il faut être prêt à faire des blocages et s’allier aux Premières nations. »

Dans le nord de l’Ontario, les membres des premières nations veulent simplement garder le contrôle de leur terre ancestrale, incluant la possibilité de vivre de l’exploitation de la forêt boréale.

Le président du syndicat de la scierie Mistassini, Daniel Leblond, soutient fermement la relance de l’Alliance forêt boréale. Son message a été très révélateur : « Québec et Ottawa, venez en aide aux travailleurs forestiers. On a bâti le Québec et le Canada avec les travailleurs forestiers », a rappelé le leader syndical.

L’événement était d’une telle importance que même le patron du groupe industriel Remabec, Réjean Paré, a pris la parole. L’homme d’affaires plaide pour le maintien de l’économie locale.

Le patron de Résolu, Yves Laflamme, rappelle que la possibilité forestière a baissé de 30 % en 12 ans au Québec. Aujourd’hui, il croit que l’incertitude liée au caribou forestier a des impacts négatifs. Il partage le même sentiment que le maire de Hearst quant à la fermeté du gouvernement fédéral de vouloir agir dès l’automne dans le dossier du caribou.

À la fin de cette soirée, tous les maires ont pris l’engagement de soutenir l’Alliance forêt boréale au cours des prochains mois, afin de contrer la volonté d’Ottawa d’imposer un plan de rétablissement du caribou forestier qui se traduira par des pertes d’emploi.

Le maire de Hearst, Roger Sigouin, a lancé un appel à l’unité, incluant les Premières nations, pour contrer le plan fédéral de rétablissement du caribou forestier.
La leader autochtone Georjann Morisseau endosse les décisions d’Alliance forêt boréale.