Le propriétaire du Montagnais, Sylvain Couture, est en furie que le conseil d’arrondissement soit en voie de changer le règlement de zonage pour rendre légale la taille de l’affiche de l’OTL, un compétiteur.

Affiche de l'OTL Gouverneur: Le Montagnais en furie

Le propriétaire de l’hôtel Le Montagnais, sur le boulevard Talbot à Chicoutimi, est dans tous ses états, alors que le conseil d’arrondissement de Chicoutimi est en processus de changement de zonage pour rendre réglementaire la taille de l’affiche de son concurrent, OTL Gouverneur, qui n’avait pas fait de demande de dérogation préalable auprès de la Ville.

Sylvain Couture s’était déplacé pour assister à la séance régulière du conseil d’arrondissement de Chicoutimi.

Il est intervenu, mais n’a pas réussi à influencer les conseillers avant leur vote en faveur de la proposition qui modifie le règlement de zonage pour le secteur de l’OTL, qui est enclavé par le centre commercial Place du Royaume.

« Je crois que le règlement que vous allez adopter nous fait préjudice à nous, l’hôtel Le Montagnais de Chicoutimi, et aux autres commerces du boulevard Talbot, puisque ça concerne leur enseigne d’affichage qui est exactement trois fois plus grande que la normale. La superficie du lettrage et de l’enseigne est de 45,46 mètres carrés alors qu’il est permis 14 mètres carrés. Ensuite, la superficie totale est de 57 mètres carrés et la superficie permise est de 28 mètres carrés. Nous, on est des commerçants depuis longtemps, lorsqu’on fait une construction et une modification, on demande des permis. Dans ce cas-ci, il n’y a pas eu de permis et on voit que c’est la plus grosse enseigne en ville et on se demande comment il se fait qu’il y a des règlements à la ville et ça fait environ un an et demi, presque deux ans, que le commerce est rouvert et que cette enseigne est encore debout. Je pense que quand un règlement existe et qu’on ne le respecte pas, on doit se conformer », a lancé M. Couture aux élus.

Selon Sylvain Couture, la Ville envoie le message aux commerçants qu’il est possible de ne pas respecter les règlements et de procéder à des constructions sans en tenir compte.

Selon Sylvain Couture, il a fallu une démarche d’un an et demi pour que l’hôtel Le Montagnais puisse ajouter un écran vidéo à son enseigne.

Il a ajouté qu’il lui a fallu un an et demi de démarches avec la Ville pour pouvoir changer sa propre enseigne, en ajoutant l’écran vidéo. Il déplore qu’un commerçant, qu’il dit de l’extérieur, n’a eu qu’à mettre la Ville devant le fait accompli, pour qu’ensuite les élus changent le zonage, puisqu’aucune dérogation n’avait été demandée auparavant.

« Quand tu arrives en haut de la côte, on dirait qu’il y a juste une affiche sur le boulevard Talbot », a-t-il poursuivi.

Michel Tremblay décidé

Le président du conseil d’arrondissement de Chicoutimi, Michel Tremblay, lui a ensuite répondu, avant de passer au vote. « C’est sûr que ce n’est pas une décision facile et que ce n’est pas la nouvelle façon de faire, loin de là. Ça ne veut pas dire que tout le monde qui va faire ça, ça va marcher. Sauf que nous, lorsqu’on a regardé la zone, ça fait plusieurs mois qu’on en discute, et on a une décision à prendre aujourd’hui (mardi). Je sais que ce n’est jamais plaisant de prendre ce genre de décision, mais je pense qu’on a été élus pour ça. Nous, considérant que Place du Royaume est à côté et qu’il y a des grosses enseignes, on va l’accepter comme c’est là », a indiqué Michel Tremblay.

La proposition a été adoptée à l’unanimité, après de longues secondes pour trouver un proposeur et un appuyeur.

Demande référendaire

Techniquement, le dossier n’est pas clos, car une période de demande référendaire va désormais s’ouvrir. Toutefois, interrogé après la séance, Sylvain Couture a dit qu’il n’en ferait pas la demande et qu’il ne ferait aucune campagne en ce sens. Ainsi, le nouveau règlement de zonage pourrait être adopté à la prochaine séance du conseil d’arrondissement.

Aussi rencontré après la séance publique, Michel Tremblay a juré que personne du côté de l’OTL n’avait fait de pression sur un élu pour que le zonage soit revu. Il dit même ne pas connaître le propriétaire.