AÉUMC: les agriculteurs lancent un message

Des agriculteurs du Lac-Saint-Jean ont bloqué le rang 6 de Saint-Bruno pendant moins d’une heure, vendredi matin, afin de lancer un message à la population quant à la teneur du nouvel Accord États-Unis–Mexique–Canada (AÉUMC).

La mobilisation est l’initiative personnelle d’une poignée d’agriculteurs provenant de quelques municipalités, dont Saint-Bruno, Hébertville-Station et Saint-Henri-de-Taillon.

« On l’a fait pas très longtemps. On ne voulait pas déranger la population. On souhaite lancer le message aux consommateurs que les producteurs de lait canadiens ne sont pas sur le même terrain de bataille que les producteurs de lait américains », explique Maxime Bouchard, actionnaire de la Ferme Omer et Jacynthe Bouchard, de Saint-Bruno.

L’agriculteur Maxime Bouchard a participé au court blocage du Rang 6 de Saint-Bruno, vendredi matin, Il souhaitait lancer un message aux agriculteurs.

« On a eu cette idée à la suite de l’annonce du gouvernement Trudeau de lundi. Plus la semaine avançait, plus on se disait que c’était fini, que c’était réglé. Notre président de l’UPA disait qu’on devrait se trouver des façons de passer au travers », ajoute-t-il.

Celui qui baigne dans le domaine depuis son plus jeune âge déplore la méconnaissance du système de gestion de l’offre. Certes, il concède que le système, qui a servi les producteurs pendant 40 ans, n’est pas parfait. Toutefois, selon lui, il sert encore les producteurs et les transformateurs.

« Dans ces grands accords, c’est toujours les agriculteurs qui sont négligés. Le lobbying, contre nous, est tellement fort. Nos représentants ne sont pas écoutés », conclut M. Bouchard.

L’UPA réagit

« C’est un cri du coeur des jeunes. Je les comprends. C’est un message qu’ils ont envoyé à la population. Il y a plusieurs moyens de se faire entendre, je n’aurais probablement pas fait ça. Ils ont choisi celui-là et je ne les condamnerai pas », a commenté Mario Théberge, président de l’Union des producteurs agricoles (UPA) du Saguenay–Lac-Saint-Jean.

« Les jeunes producteurs de lait ont fait de gros investissements, on le voit en se promenant dans les rangs. Ils nous parlent avec leur coeur. Les experts qui nous entourent nous disent à quel point c’est triste et que le moral est bas, a-t-il ajouté. Je me suis établi dans les années 80, c’était de la petite bière comparé à aujourd’hui. Presque chaque année, on vit un coup dur. J’admire les jeunes d’avoir encore l’intérêt à l’agriculture. Ce n’est pas un métier, c’est une vocation. »