Le ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques a entrepris les démarches afin de procéder à la décontamination et à la réhabilitation des sols de l'entreprise A.D.O. Métal de Jonquière.

A.D.O. Métal ignore l'ordonnance

A.D.O. Métal n'a pas respecté l'ordonnance du ministre David Heurtel. Le ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques a donc enclenché les procédures afin de procéder à la décontamination et à la réhabilitation des terrains de l'entreprise le plus rapidement possible, aux frais du propriétaire.
«Nous n'avons pas reçu de plan de réhabilitation et de calendrier des travaux. Nous considérons qu'A.D.O. Métal n'a pas respecté l'ordonnance», confirme Stéphanie Lemieux, responsable des communications pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean.
Dans une ordonnance émise le 23 mai dernier, le ministre de l'Environnement a exigé la réhabilitation des terrains de l'entreprise située au 5028, boulevard du Royaume, à Jonquière. Le propriétaire bénéficiait d'un délai de 10 jours pour manifester son intention d'obtempérer. Il devait ensuite présenter un plan de réhabilitation des sols avant le 7 juillet. Il n'a pas réagi.
«Comme le ministère envisageait ce scénario, pour limiter les délais, les documents pour les appels d'offres sont déjà en préparation», confirme Stéphanie Lemieux.
Un premier appel d'offres concernant la préparation d'un plan de réhabilitation et d'un calendrier d'exécution des travaux sera lancé d'ici la fin du mois.
«Ce sera fait d'ici la fin juillet, mais notre objectif consiste à effectuer les travaux dans les meilleurs délais», précise la porte-parole du ministère.
Le second appel d'offres visera l'octroi d'un contrat pour la réalisation des travaux de réhabilitation et de décontamination.
«L'objectif visé est que les travaux débutent en 2014.»
Depuis le début des procédures, jamais l'entreprise n'a réagi aux différents avis. A.D.O. Métal est toujours enregistrée au registre des entreprises du Québec.
L'entreprise, qui a cessé ses activités il y a quelques années, n'est pas en faillite. Le premier actionnaire non majoritaire inscrit au dossier est Marius Ouellet.
Aucun échange n'est intervenu entre le ministère et le propriétaire. Stéphanie Lemieux confirme que la situation est particulière.
«De façon générale, lorsque quelqu'un se fait ordonner quelque chose, il procède aux travaux.»
Afin de s'assurer le remboursement du coût des opérations, le ministère va inscrire une hypothèque légale sur le terrain afin d'obtenir un certain montant.
«Nous allons également étudier les différents recours à notre disposition, confirme Stéphanie Lemieux. Ce dossier est une priorité pour le ministère.»
Rappelons qu'A.D.O. Métal compte 4800 tonnes métriques de sols contaminés et 206 700 kg de matières résiduelles sur ses terrains. Les sols sont contaminés en BPC, HAP, hydrocarbures pétroliers C10-C50 et en métaux (mercure, plomb, cuivre, zinc et cadmium).
La contamination du site, où opérait autrefois l'entreprise spécialisée dans la réception et le démantèlement d'équipement industriel, est connue du ministère depuis 2003.