Acheter responsable, mais pas à tout prix pendant le temps des Fêtes

Même les plus responsables des consommateurs sont portés à moins l’être durant le temps des Fêtes, analyse la chercheuse Myriam Ertz de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC).

Contactée à l’occasion du Boxing Day, la professeure de marketing souligne que, même si l’idée de fond de la consommation responsable vise à préserver l’environnement et à contribuer à la société, la motivation première est souvent financière.

« Par exemple, près d’un quart des cadeaux sont des produits usagés, comme des ordinateurs remis à neuf. Avec les sites Internet, l’accès est beaucoup plus facile. Ceux qui le font pour l’aspect environnemental représentent une niche. En réalité, c’est surtout parce que c’est moins cher. Consommer de façon responsable est presque un effet secondaire », indique Myriam Ertz.

Selon la responsable du Laboratoire sur les nouvelles formes de consommation (LaboNFC), une tendance grandissante s’observe depuis 2016. Le concept est très large et inclut tant l’achat de produits écologiques que des pratiques comme la simplicité volontaire. « Ça veut dire d’acheter moins pour soi, mais moins aussi pour les autres. Certaines personnes fuient le temps des Fêtes pour échapper à la spirale de consommation ! »

Mais en général, on serait tenté à être plus « indulgents » durant cette période. « En raison de l’ambiance, il y a quelque chose qui se passe. Même ceux qui ont l’habitude d’acheter biologique ou écologique, par exemple, vont se donner le droit de se lâcher. Il y a un mécanisme d’indulgence qui se développe », explique Myriam Ertz.

Ce qui n’empêche pas de se casser la tête pour des emballages recyclables ou réutilisables...

La tendance est aussi aux produits plus durables. Les gadgets électroniques, si prisés durant le Boxing Day, sont souvent critiqués en raison de l’obsolescence programmée. « C’est une plaie, malheureusement. Les fabricants veulent du rendement et des profits, et c’est plus facile s’ils peuvent amener les gens à racheter leurs produits chaque année... »

Signe que d’autres idées gagnent les esprits, un premier cours de marketing responsable a été offert à l’UQAC l’automne dernier et les inscriptions ont dépassé les prévisions, avec 72 étudiants. « Il y a une résonnance de plus en plus forte chez les gens, que ce soit pour les dimensions éthique, sociale ou écologique », conclut Myriam Ertz.