Alexis Brunelle-Duceppe a pris la parole lors de la période des questions à la Chambre des Communes.
Alexis Brunelle-Duceppe a pris la parole lors de la période des questions à la Chambre des Communes.

ACÉUM: le Bloc réclame des modifications

Eve-Marie Fortier
Eve-Marie Fortier
Le Quotidien
Alexis Brunelle-Duceppe a tenu sa promesse envers les travailleurs de l’industrie de l’aluminium du Saguenay–Lac-Saint-Jean en leur consacrant sa première intervention à la Chambre des Communes, à l’occasion de la rentrée parlementaire à Ottawa, lundi.

L’aluminium est un dossier prioritaire pour le nouvel élu et il n’a pas manqué de le démontrer dans ses interventions devant le premier ministre Justin Trudeau. Selon lui, le gouvernement « serait conscient de la problématique de l’aluminium, mais ne pose aucune action pour y remédier. Il continue d’encourager la production d’aluminium la plus sale au monde et les emplois en Chine, tout en compromettant la production d’aluminium carboneutre de notre région. »

Le député bloquiste de Lac-Saint-Jean se dit également convaincu que le gouvernement ne souhaite que « passer l’entente au plus vite sans réfléchir aux conséquences sur la province. »

Le nouvel accord de libre-échange Canada-États-Unis-Mexique (ACÉUM) défend l’industrie de l’acier de l’Ontario et de l’Alberta au détriment de l’industrie de l’aluminium du Québec, jugent plusieurs élus et intervenants. Selon le député Brunelle-Duceppe, cette situation est inacceptable, car « le gouvernement continue de dire que l’aluminium est protégé à 70 %, alors que c’est totalement faux. Ce sont les pièces fabriquées qui le sont et cela change tout, car les investisseurs s’installeront inévitablement au Mexique et l’impact sera énorme sur la région. »

Alexis Brunelle-Duceppe a pris la parole lors de la période des questions à la Chambre des Communes.

Malgré ces faits avancés par Alexis Brunelle-Duceppe, Chrystia Freeland, vice-première ministre et ministre des Affaires intergouvernementales, continue d’affirmer que l’ACÉUM est « excellent pour les emplois au Canada et au Québec. »

La vice-première ministre, qui a mené les longues négociations avec Washington et Mexico, a clairement laissé entendre, lundi matin, qu’il n’y avait plus de place pour des modifications au texte. Les États-Unis et le Mexique ont ratifié l’accord.

Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois, est également intervenu à deux reprises afin de démontrer l’opposition de son parti à la signature du nouvel accord de libre-échange. Même si le Bloc a historiquement appuyé tout accord de libre-échange, il refuse d’accepter cet accord-ci « sur le dos des travailleurs ». « Si le Bloc réussit sa démarche d’aller chercher des protections supplémentaires pour l’aluminium et même pour les agriculteurs sous la gestion de l’offre, j’assume que le gouvernement du Québec en sera très heureux aussi. C’est ce à quoi nous travaillons », a ajouté le chef bloquiste.

« Je soulignerais que le premier ministre du Québec, François Legault, a souligné que c’était dans l’intérêt des Québécois de ratifier rapidement (l’ACÉUM) et j’espère que le Bloc québécois va penser à l’intérêt des Québécois et pas juste à leur intérêt politique », a offert comme argument Justin Trudeau, à son arrivée aux Communes, lundi après-midi.

Alexis Brunelle-Duceppe a pris la parole lors de la période des questions à la Chambre des Communes.

Une délégation du Saguenay–Lac-Saint-Jean se déplacera à Ottawa, mercredi, pour poursuivre les revendications. Alexis Brunelle-Duceppe rappelle aux citoyens « qu’ils ne sont pas seuls et que le Bloc continuera de défendre les travailleuses et travailleurs de l’aluminium. »

Les élus se prononceront lors d’un premier vote, mercredi. (Avec la Presse canadienne)