Bruno Bonneau a pris sa retraite de l’enseignement en juin 2018, moins d’une année après avoir été accusé de voies de fait sur un de ses étudiants.

Accusation de voies de fait: l’absolution pour Bonneau

L’enseignant Bruno Bonneau, maintenant à la retraite, a plaidé coupable à une accusation de voies de fait pour avoir empoigné le chandail de l’un de ses étudiants. L’homme de 60 ans obtient une absolution conditionnelle à la réalisation de 50 heures de travaux communautaires.

Alors que le procès de l’ancien professeur de l’école L’Odyssée/Lafontaine de Chicoutimi devait se poursuivre et se compléter devant le juge Pierre Lortie, de la Cour du Québec, Me Charles Cantin, avocat en défense, a annoncé que son client avait l’intention d’enregistrer des plaidoyers de culpabilité. Il a ajouté que les discussions tenues avec Me Nicole Ouellet, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), avaient permis d’en arriver à cette conclusion.

Le 9 novembre 2017, Bonneau a agrippé un de ses étudiants par le chandail. Il venait de lui dire « ferme-la, sinon, je vais aller te la fermer. » L’étudiant lui aurait répliqué : « quoi, me la fermer. »

Et c’est là que les choses ont dégénéré. L’enseignant a perdu patience et a été en proie à un excès de colère faisant en sorte de l’empoigner par le collet.

Le fait de clore le dossier par un plaidoyer de culpabilité coupable aura évité aux parties de débattre de l’article 43 du Code criminel canadien sur la façon de corriger les enfants.

Il est permis aux parents et aux instituteurs d’utiliser la force pour corriger un enfant, à la condition que la force ne dépasse pas la mesure du raisonnable.

« Il y aurait pu y avoir un débat. Pour notre part, l’article 43 ne pouvait s’appliquer dans le dossier de M. Bonneau étant donné que le geste ne peut être appliqué dans un cas de colère, mais uniquement de correction. Ici, il n’était pas question de correction. L’enseignant a senti une provocation de la part de l’élève dans sa réplique. Son état d’esprit a changé. Son geste peut s’expliquer, même s’il n’était pas justifié », a mentionné Me Ouellet.

Un professeur « Cool »

La procureure de la Couronne a aussi précisé que le fait que l’accusé était considéré comme un professeur « cool » a eu de bons et de mauvais côtés. Lorsque les balises ont changé dans la classe, les étudiants ont cru que leur prof était toujours « cool », ce qui n’était plus le cas.

Me Ouellet n’a eu aucune difficulté à suggérer une absolution conditionnelle et des travaux communautaires, estimant que le geste ne méritait pas la détention ou une sentence suspendue avec des travaux communautaires.

En défense, Me Cantin a aussi plaidé qu’il s’agissait d’un événement isolé dans le temps et que la victime n’a plus à craindre son ancien professeur.

« Mon client a déménagé de quartier pour ne plus demeurer à proximité de l’étudiant. Celui-ci n’a rien à craindre de sa part ni de ses proches. »

« Ce dossier a été beaucoup médiatisé et a fait en sorte de stigmatiser mon client. Je crois que cette fin va satisfaire toutes les parties », a ajouté le criminaliste.

Bruno Bonneau aura passé 32 années de sa vie dans le monde de l’enseignement. Même si une organisation était tentée de le reprendre, il a laissé voir clairement que ce n’était pas son intention, qu’il avait plutôt le goût de faire du bénévolat.

« J’aimerais bien effacer cette journée et revoir tout ça », a lancé Bonneau.

« La vie nous démontre que nous ne sommes pas des robots ou des machines. Il s’agit d’un incident de parcours dans votre vie », a renchéri le juge Pierre Lortie.