Accord Canada-États-Unis-Mexique: une étude envisage des pertes de 6,2 G$

L’entrée en vigueur de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique sans mesure de protection pour l’aluminium produit en Amérique du Nord pourrait créer des pertes d’activités économiques de l’ordre de 6,2 G$ qui auraient généré un grand total de 2988 emplois directs, indirects et induits.

C’est ce qui ressort d’une étude menée par le Groupe performance stratégique pour le compte du Comité deux villes/deux alumineries, qui regroupe Saguenay et Alma, les syndicats des deux complexes industriels qui produisent de l’aluminium, ainsi que les organismes de développement économique. Elle est dévoilée ce midi (mercredi) à Ottawa où les deux municipalités ont envoyé une délégation.

Les auteurs de l’étude partent de la prémisse que les grands producteurs d’aluminium québécois vont retarder pendant 10 ans la mise en chantier de six projets d’expansion et de modernisation des usines québécoises que l’on retrouve au Saguenay-Lac-Saint-Jean et sur la Côte-Nord. Ils supposent que le Mexique aura la possibilité de continuer à s’approvisionner en aluminium ailleurs dans le monde pour la production de pièces exportées par la suite aux Canada et aux États-Unis, principalement pour le secteur de l’automobile.

«L’inclusion éventuelle de l’aluminium à cet amendement ne pourra être revue avant dix ans, ce qui compromet gravement la réalisation de six projets majeurs d’investissements dans le secteur de l’aluminium au Québec : la Phase 3 de l’aluminerie Alouette à Sept-Îles, la Phase 2 de l’aluminerie Alma, la Phase 1-B de l’aluminerie AP-60 à Jonquière, la Phase 1-C de l’aluminerie AP-60 à Jonquière, les Phases 2 et 3 de l’aluminerie AP-60, ainsi que l’expansion du centre de coulée de billettes de l’aluminerie Alma», stipule le sommaire exécutif.

On fait ici référence à un amendement apporté à la toute dernière minute dans l’accord qui apportait des précisions quant à la définition du contenu régional pour l’acier qui ne comprend pas l’aluminium.

«Un amendement de dernière minute à l’ACÉUM est venu définir et clarifier le flou de la définition de contenu « nord-américain » pour l’acier, en introduisant la notion de production dite « régionale », qui exige que tous les procédés de fabrication de l’acier aient lieu sur le territoire de l’une ou l’autre des parties signataires. L’aluminium est exclu de cet amendement.»

Plus de détails à venir.