Accord Canada-États-Unis-Mexique: des impacts négatifs selon le syndicat des Métallos

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
Le syndicat des Métallos de l’aluminerie d’Alma de Rio Tinto soutient que l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACÉUM), constitue toujours une épée de Damoclès au-dessus de la tête des travailleurs de l’aluminium, puisqu’il va permettre au Mexique d’exporter sans droit de franchise des pièces de métal gris dans l’ensemble de l’Amérique du Nord.

Le président du syndicat, Sylvain Maltais, rejette catégoriquement la lecture que les ministres Chrystia Freeland et Pablo Rodrigues font de l’entente commerciale et juge impératif que le gouvernement mette en place des mécanismes pour protéger l’industrie canadienne. Il croit que les impacts seront tout aussi négatifs pour l’industrie de première coulée et celle de la transformation et fabrication de pièces.

« C’est vrai, quand ils avancent qu’il n’y avait pas de mesures dans l’accord intervenu à la fin des années 1980. Mais il faut se ramener à cette époque et la Chine n’avait pas les mêmes capacités de production qu’en ce moment dans le secteur de l’aluminium », insiste le leader syndical qui entend poursuivre sa campagne de sensibilisation auprès du gouvernement fédéral. Il questionne la position des grandes entreprises. Le mardi soir de l’annonce de l’entente, Jean Simard, président de l’Association de l’aluminium du Canada, critiquait le contenu de l’ACÉUM. Quatre jours plus tard, il changeait d’opinion. « On comprend Mme Freeland quand elle assure que c’est une bonne entente. C’est vrai pour une multitude de secteurs. Mais ce n’est pas vrai pour les travailleurs de l’aluminium et les entreprises dans la seconde transformation. »

« Il n’y a rien qui peut empêcher le Mexique d’importer de l’aluminium de Chine à très bas prix puisque l’industrie est subventionnée, et de fondre cet aluminium pour fabriquer des produits et les exporter aux États-Unis et au Canada, enchaîne le président des Métallos. Il ne faudrait pas que l’on assiste au déménagement de nos entreprises au Mexique pour bénéficier de cette ouverture. »

Malgré les paroles rassurantes et surtout le feu vert de l’industrie à cet accord, les grands producteurs canadiens ont suspendu les différents projets d’investissement. Il s’agit de projets majeurs pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean avec la modernisation de Jonquière (AP60) et l’usine de billettes et l’agrandissement de l’aluminerie d’Alma.