Le président et géologue de la firme IOS service géoscientifique, Réjean Girard, ne comprend pas cette décision d'Hydro-Québec.

Accès restreint sur les pistes d'Hydro

Des entreprises régionales s'interrogent sérieusement sur la décision de la société d'État, Hydro-Québec, de fermer ses aéroports au trafic aérien dans le Nord québécois.
Depuis le mois de juin, de nombreuses entreprises ont appris qu'elles ne pouvaient plus se ravitailler en essence sur les pistes d'atterrissage des centrales LG-3 et LG-4, du bassin Fontanges, de la centrale EM-1 et le poste de transformation Nemiscau afin de rallier un lieu de travail situé plus au nord.
Les dirigeants de l'Association de l'exploration minière du Québec (AEMQ) ont indiqué au Quotidien que cette situation complique sérieusement l'organisation de ses membres qui ont besoin de se rendre sur des chantiers situés à des centaines de kilomètres des principaux points de départ du Saguenay-Lac-Saint-Jean, notamment.
«Si la société d'État veut maximiser ses infrastructures sur le territoire, ce n'est pas exactement ce qu'elle fait. C'est plutôt le contraire», précise Valérie Fillion, directrice générale de l'AMEQ.
«Pour pouvoir atterrir sur l'une des pistes d'Hydro-Québec, il faut soit être un fournisseur, un employé ou un membre de leur famille. Ils peuvent refuser les accès à tous les autres. Ou les autres doivent signer des ententes. Ce que nous ne comprenons pas, c'est que ces pistes ont été construites avec les taxes des Québécois et devraient être accessibles», reprend Mme Fillion, dont l'organisation compte 300 membres.
L'Association de l'exploration minière du Québec a demandé des comptes à Hydro-Québec et au gouvernement du Québec. Mais aucune réponse n'est encore parvenue à l'organisme provincial. Seul l'aspect de la sécurité a été évoqué.
«Nous ne voulons pas utiliser les infrastructures d'Hydro-Québec gratuitement. Nous voulons payer la juste part pour nous y arrêter et prendre de l'essence afin de poursuivre notre voyage.»
«Nos membres veulent aussi savoir à quoi s'attendre lorsqu'ils préparent une exploration dans le Grand Nord. Ils veulent avoir une idée des coûts. Si l'escale leur est fermée, ils doivent le prévoir», reprend la directrice générale de l'AEMQ.
Réjean Girard, président et géologue de la firme IOS service géoscientifique, ne comprend pas lui non plus cette situation.
«Ces pistes ont toujours été accessibles. Mais depuis le mois de juin, Hydro-Québec nous interdit de faire escale. Ça n'a aucun sens. Si je veux me rendre dans le Nord en hélicoptère, je ne peux plus le faire, car je n'aurai pas assez d'essence», dit-il.
«Si je dois transporter des travailleurs, je dois les envoyer jusqu'à Chibougamau en avion et ensuite les amener sur les chantiers en camion. On a de trois à quatre heures de route à faire. Ce sont des coûts importants de plus et ça complique l'organisation. Ça fout le bordel dans nos organisations», précise M. Girard, ajoutant que seule la piste de la centrale LG-2 est accessible, celle-ci appartenant au gouvernement du Québec.
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Le Quotidien a tenté d'obtenir la version d'Hydro-Québec sur cette situation.
«Nous avons bel et bien reçu votre demande d'entrevue relative à la gestion de nos installations à la Baie-James. Nous vous remercions de l'intérêt que vous portez à Hydro-Québec, mais nous ne souhaitons pas accorder d'entrevue sur ce sujet», a répondu par courriel Alexandra Fortin, porte-parole médias pour Hydro-Québec, à la direction régionale du Saguenay-Lac-Saint-Jean.
«Dans le respect de notre philosophie de partenariat régional, nous réaffirmons notre volonté de supporter le développement économique du Nord-du-Québec en mettant nos infrastructures de la Baie-James à la disposition de nos partenaires. Nous tenons cependant à préciser que les partenaires qui souhaitent utiliser nos aérodromes doivent préalablement convenir avec nous d'une entente», poursuit Mme Fortin.
Sbegin@lequotidien.com