L'individu aurait reconnu, face aux enquêteurs, qu'il avait planifié son attaque, acheté un billet aller seulement vers Fort Lauderdale, peut-on lire dans la plainte déposée.

À l'aéroport lors de la fusillade, Dany Perron a eu peur pour sa famille

Une famille de Chicoutimi a vécu de près le drame de Fort Lauderdale. Dany Perron, Geneviève Leprohon et leurs deux jeunes enfants, Brittany, sept ans, et Jacob, cinq ans, se trouvaient à quelques mètres du tireur lorsque celui-ci a fait feu dans l'aéroport, tuant cinq personnes et faisant plusieurs blessés.
Dany Perron et sa famille devaient monter à bord d'un avion d'Air Canada en direction de Saguenay après un séjour en Floride vendredi midi. Leur vol qui partait de l'aéroport international de Fort Lauderdale a été retardé d'une heure. Les membres de la petite famille étaient assis dans la zone d'attente sécurisée depuis une quinzaine de minutes lorsque les coups de feu ont retenti aux alentours de 13h.
«On attendait d'être appelés pour l'embarquement. Tout à coup, on a entendu un bruit sourd, comme une marée qui s'en venait vers nous. Les agents de sécurité courraient en notre direction. Ils volaient pratiquement. J'ai entendu ce que je croyais être des coups de feu. Il y a eu un silence, puis tout le monde autour de nous s'est rué au sol. J'étais certain que le tireur s'en venait derrière les agents», raconte le père de famille au cours d'un entretien téléphonique au lendemain des événements.
«J'ai pensé me coucher par terre et faire le mort, puis je me suis dit que ce n'était pas vrai qu'on allait rester là à attendre de se faire tirer dessus. J'ai vu une issue plus loin, un endroit où on a accès aux passerelles menant aux avions. J'ai attrapé ma petite fille dans mes bras, ma blonde a pris notre garçon et nous sommes partis en courant. On nous a ouvert la porte pour se diriger vers la piste. Les gens criaient, couraient. Des personnes se cachaient.»
La famille se trouvait en haut d'un escalier. C'est juste en bas que le tireur a fait feu.
«On n'était pas très loin. Quand j'ai entendu le bruit, j'étais sûr qu'il était juste à côté», raconte Dany Perron. «Le son que ça fait est dur à décrire. C'est impressionnant quand tu réalises que quelqu'un tire.»
C'est une fois sur le tarmac que la famille a obtenu via les réseaux sociaux les premières informations sur ce qui était en train de se passer. «Nous sommes restés sur la piste entre 30 et 45 minutes. La sécurité nous a ensuite permis de rentrer. Il y avait des objets partout, des valises. Il y avait des ''snipers'' un peu partout et des agents spéciaux. À un certain moment, on a vu des gens sortir d'un autre terminal en courant. Ils tentaient de sauter par dessus des clôtures.»
Un deuxième mouvement de panique s'est emparé des personnes autour d'eux. «Des rumeurs circulaient. On nous a dit qu'il y avait un autre tireur à l'extérieur, probablement sur un vol canadien. Au moindre bruit, les gens étaient paniqués. Ce n'était pas fondé, mais ce n'était vraiment pas plaisant.»
En fin de soirée, les gens ont pu monter à bord d'un autobus les transportant dans un centre tout près. La famille Perron-Leprohon n'a pas eu à s'y rendre, puisqu'elle disposait d'une voiture. «Mon oncle venait d'atterrir avec un avion en provenance de Montréal au moment même où nous devions prendre notre vol. Il devait prendre la voiture que nous lui avions laissée dans le stationnement. Finalement, il a été confiné dans l'avion sur la piste pendant des heures pendant que nous étions à l'intérieur. Quand nous avons eu accès à notre véhicule, nous avons tous pu quitter l'aéroport.»
Il repartira du même endroit
Au lendemain des événements, les Perron-Leprohon se portent bien. Dany Perron affirme que ce qu'ils ont vécu est incomparable au drame qui afflige d'autres familles.
«Ce qui est arrivé est très malheureux et inquiétant. Par contre, ce que nous avons vécu n'est rien comparé à ce qu'ont vécu ceux qui ont assisté à tout ça un étage plus bas, et à ce que vivent les familles qui ont perdu des proches.»
Selon son père, le petit Jacob ne réalise pas vraiment ce qui s'est produit vendredi. «Il s'est mis à pleurer lorsque les gens autour pleuraient», raconte-t-il.
Du haut de ses sept ans, la petite Brittany, elle, a vite compris ce qui se passait. «Quand nous sommes arrivés sur la piste, elle tremblait. Aujourd'hui (samedi), elle me demande si nous allons prendre l'avion et s'il n'y aura pas de tireur. On a expliqué aux enfants qu'un monsieur a fait du mal, mais qu'il a été arrêté et qu'il n'y a plus de danger.»
La famille attendait toujours des nouvelles de sa compagnie de vols samedi matin. Elle ignore encore à quel moment elle pourra rentrer.
«Je ne sais pas comment ça va se passer pour les membres de ma famille quand on va retourner à l'aéroport, mais moi, même si c'est possible de prendre un vol à partir de l'aéroport de Miami, je préfère partir de celui de Fort Lauderdale, parce que je sais que la sécurité va être renforcée», conclut-il.