Le nouveau fonds vise à aider les entreprises situées en région et en communautés rurales, précise la ministre du Développement économique, Mélanie Joly.
Le nouveau fonds vise à aider les entreprises situées en région et en communautés rurales, précise la ministre du Développement économique, Mélanie Joly.

962 M$ supplémentaires pour les entreprises: pour éviter de défigurer nos régions

Laura Lévesque
Laura Lévesque
Le Quotidien
Ottawa débloque 962 millions $ supplémentaires pour aider les entreprises de tout le pays, mais surtout celles situées en région qui entretiennent moins de relations avec les institutions financières. En effet, les banques semblent plus frileuses à prêter à des entrepreneurs qui ne possède pas un historique avec elles ou qui sont dans une situation trop précaire.

Ce Fonds d’atténuation et de relance régionale, une initiative spéciale de deux ans, ciblera les entreprises qui ne se qualifient pas aux programmes déjà annoncés, dont la subvention salariale de 75 % et le prêt sans intérêt de 40 000 $.

« On le sait, les banques (leur département pour entreprise et prêts commerciaux) se trouvent dans les plus grandes villes. Elles ne sont pas toujours dans les régions. Donc pour certains commerçants et entreprises, c’est plus difficile d’avoir accès à du financement et l’appui d’un banquier s’ils n’ont pas un contact », pointe la ministre Mélanie Joly.

« On a étendu le filet social à tous. On voulait donc s’assurer de resserrer les mailles pour éviter que des entrepreneurs tombent aussi dans les trous du système. »

En effet, certaines entreprises ne pouvaient obtenir, auprès des banques, les prêts sans intérêts de 40 000 $ garantis par le gouvernement et dont une tranche de 10 000$ est non remboursable si le prêt est payé dans les délais demandés. Par exemple, une PME avec une masse salariale dépassant 1,5 million $ ne se qualifie pas à cette aide et n’a d’autres choix que de se tourner vers les institutions financières et espérer qu’elles acceptent de prêter l’argent.

« Il y a des entreprises qui ont une masse salariale plus importante et qui ont besoin de payer les frais fixes. La nouvelle enveloppe sera là pour ça. Il y a aussi les entreprises qui se sont construites de différentes façons, par exemple, avec une masse salariale qui inclut des travailleurs autonomes. Ces derniers n’avaient pas non plus accès aux programmes de subventions salariales. L’annonce d’aujourd’hui vient donc répondre à ces réalités », précise Mme Joly, qui ne pouvait cependant confirmer si ces PME pourraient aussi recevoir une subvention de 10 000$ si le prêt est payé à temps.

«C’était important pour nous de se préoccuper de ces PME qui sont souvent des clés dans nos rues principales. Si on laisse ça aller, ça va défigurer les rues principales. Il faut les protéger », martèle Mme Joly, qui, dans une entrevue antérieure, avait mentionné craindre que les régions soient plus affectées par la crise que les grandes villes.

Cette initiative pancanadienne sera détaillée dans les prochains jours. Mais d’ores et déjà, Ottawa a annoncé que 675 millions $ seraient gérés par les agences de développement économique, dont DEC Canada. Le réseau national des SADC obtiendra 287 millions $ pour aider les entreprises et organisations des communautés rurales.