9237$ amassé avec le parcours virtuel de Parkinson Saguenay–Lac-Saint-Jean

Samuel Duchaine
Samuel Duchaine
Le Quotidien
La marche annuelle de Parkinson Saguenay–Lac-Saint-Jean, Parcours Parkinson, tenue sous le thème «À deux mètres de votre générosité », a été une fois de plus une réussite. Plus de 9000 $ ont été amassés.

Cette année, l’organisation du Parcours Parkinson invitait les participants à faire de l’exercice à leur façon, en famille ou entre amis. Comme objectif, l’organisme s’était fixé d’amasser 5000 $ compte tenu de la crise sanitaire et, selon la présidente Lyne Tremblay, c’est mission accomplie.

« On est vraiment contents. Les gens ont bien répondu et c’est très encourageant. Malgré les difficultés, les gens continuent d’être généreux. Ce montant va nous aider à poursuivre nos activités et à continuer à développer nos projets pour venir en aide aux gens atteints du Parkinson. »

Les fonds amassés viendront en aide directement aux personnes atteintes et aux proches aidants de la région. Ce montant pourrait continuer d’augmenter alors que l’organisme recevra les collectes par formulaire papier et en ligne jusqu’au 31 octobre.

Ils sont une vingtaine de groupes de deux à dix personnes qui se sont inscrits pour participer à l’événement de chez eux. La formule à distance, bien qu’elle ait permis à des gens de partout en région de participer, n’était pas la favorite de Mme Tremblay.

« C’était moins stimulant. Il manquait l’élément où on rencontre les gens et où on peut parler avec eux de la maladie pour faire connaître notre cause. Oui, il y a le fait d’amasser des fonds, mais il y a aussi le plaisir de créer des liens, d’avoir du plaisir et de faire progresser la cause. »

Un mot d’ordre résonnait dans son discours à la fin de la journée. « Merci, merci, merci mille fois. On veut dire merci à tout le monde qui nous supporte. C’est important de bouger et on est plus qu’heureux de pouvoir joindre l’utile à l’agréable. Ça fait tellement plaisir de voir tous ces gens nous soutenir. Je veux encore remercier la population », a répété à maintes et maintes reprises Mme Tremblay.

Une cause délaissée

De son côté, la cofondatrice d’Entraidons-nous, un réseau de sociothérapie créé par et pour les personnes atteintes de maladies dégénératives comme le Parkinson, Linda Bérard, croit que la cause de Parkinson Saguenay–Lac-Saint-Jean n’est pas assez valorisée.

« Une merveilleuse organisation composée de gens chaleureux et dévoués, Parkinson Saguenay–Lac-Saint-Jean, est à la recherche d’appuis. Je ne sais pas si vous avez déjà remarqué, mais la maladie de Parkinson attire très peu l’attention. L’existence des organisations locales est peu connue dans la communauté parkinsonienne puisque seulement un faible pourcentage de la population recensée s’en acquit. Pourtant, les services adaptés offerts sont souvent peu coûteux ou même gratuits. De plus, cela engendre de la sociothérapie, la meilleure forme de thérapie qui existe selon moi. »

Mme Bérard est très contente des progrès de la science pour les soins de diverses maladies, mais déplore les préjugés entourant la maladie dont elle est atteinte.

« Il est estimé que d’ici 2030, l’ensemble des Canadiens souffrant de maladies neurologiques dégénératives chroniques dépassera les cas de cancer, pas loin derrière les maladies du cœur. On se réjouit bien évidemment du constat que de plus en plus de cancers soient maintenant guérissables. Toutefois, ces bonnes nouvelles n’apaisent en rien la souffrance des gens aux prises avec un trouble dégénératif. La maladie de Parkinson porte son lot de préjugés. On dit que c’est un trouble de vieillesse qui fait trembler. J’ai pourtant reçu ma sentence jeune, à l’âge de 44 ans, et croyez-moi, les tremblements sont le moindre des soucis. »

Les deux dames s’accordent au sujet des répercussions de la pandémie sur les personnes atteintes de maladies dégénératives. « La situation de 2020 n’a certes pas aidé. Des sondages démontrent que beaucoup de personnes vivant avec une maladie neurologique ont constaté une dégénération plus rapide que dans le passé. J’ai moi-même l’impression que ma condition s’est aggravée plus dans les six derniers mois que les sept premières années de mon diagnostic », raconte Linda Bérard.

« L’isolement est très néfaste pour les gens malades. Souvent, c’est le reflex des gens qui reçoivent un diagnostic et c’est justement ce qu’il faut éviter. C’est là toute l’importance de notre regroupement, d’offrir du soutien et des services pour ces gens-là », indique Mme Tremblay.