Chargée de projet à OBV Saguenay, Geneviève Brouillet-Gauthier constate que la grande majorité des berges autour de la Petite-Décharge ne présentent pas une végétalisation suffisante.

80% des terrains non conformes

Des centaines de riverains almatois ne sont toujours pas conformes en matière de protection des berges. Près de 80% des terrains bâtis autour de la rivière Petite-Décharge ne possèdent pas de bande riveraine naturelle d'au moins 10 mètres comme le prévoit la règlementation québécoise.
C'est le portrait que dresse l'Organisme de Bassin Versant (OBV) Saguenay, qui a présenté, hier soir à Alma, un programme visant à lutter contre les algues bleu vert sur ce cours d'eau. Près de 127 kilomètres de bandes riveraines dans ce secteur ont été catégorisés. Seulement 30% des berges ont été jugées «suffisamment adéquates» pour tenir leur rôle de ceinture de sécurité au plan d'eau. Mais si on compte uniquement les terrains bâtis, seulement 20% de ces berges obtiennent une bonne note.
«La caractérisation a été réalisée dans les dernières semaines. On voulait voir où il y avait des problèmes, où il manquait de végétation. Et avec ça, on voit où il faut agir. Et en effet, la plupart sont en infraction», remarque la chargée de projet à OBV Saguenay, Geneviève Brouillet-Gauthier, précisant que près de 600 riverains résident sur le territoire visé par le projet.
Reboisement
Le programme proposé par l'organisme consiste notamment à débourser une grande partie des travaux de végétalisation sur au moins cinq mètres. Les propriétaires n'auront qu'à payer 50% du prix des végétaux. L'autre moitié et la plantation seront assumés par le programme financé par plusieurs intervenants, dont la ville d'Alma et Rio Tinto Alcan. La facture moyenne des participants devrait frôler les 250$. OBV vise la participation d'une cinquantaine de riverains en 2014 et 2015. De la sensibilisation et une étude sur les comportements environnementaux sont également prévues dans ce projet d'une durée de trois ans.
La Grande-Décharge
Le secteur de la Grande-Décharge a vécu trois épisodes d'algues bleu vert depuis 2007. Ce plan d'eau n'est pas nécessairement le plus affecté par les cyanobactéries dans la région. Mais OBV Saguenay le vise en raison de son importance.
«C'est la source d'eau potable de la ville d'Alma. Les algues bleu vert peuvent parfois produire des toxines. Donc c'est important de préserver l'eau à cet endroit», pointe la chargée de projet.
Et pour contrer les algues bleu vert, le reboisement demeure le moyen le plus accessible pour y arriver, ajoute-t-elle.
«Les algues bleu vert se nourrissent de phosphore. Les plantes terrestres sur la bande riveraine vont intercepter le phosphore avant son arrivée au plan d'eau. On bloque en quelque sorte leur nourriture», image Mme Brouillet-Gauthier.
Llevesque@lequotidien.com
Selon la règlementation québécoise, tout terrain riverain doit posséder une bande naturelle de 10 à 15 mètres, selon la pente. Une bande gazonnée, par exemple, n'est pas conforme. Ce sont les municipalités qui doivent appliquer le règlement et donner des constats d'infraction. À l'heure actuelle, à Alma, une personne qui déboise une bande riveraine reçoit automatiquement une amende de 1000 $. Ce sont par des dénonciations que ces constats surviennent la plupart du temps. Pour ceux qui résident sur un terrain déjà déboisé et non naturel, aucune amende n'est prévue. Mais la ville d'Alma a revu son règlement en 2013 pour forcer les gens à naturaliser leur bande. En effet, lorsqu'un riverain fait la demande d'un permis municipal pour effectuer certains travaux, le propriétaire du terrain doit garantir un plan de végétalisation de ses berges. Sans ce plan, le riverain n'obtiendra pas de permis.