Des citoyennes féministes ont manifesté vendredi au palais de justice de Québec pour dénoncer le traitement des dossiers d’agression sexuelle par le système de justice.

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Des citoyennes féministes ont manifesté au palais de justice vendredi pour demander aux gouvernements d’accélérer la transformation de l’appareil judiciaire afin de mieux traiter les dossiers d’agressions sexuelles.

Un premier groupe s’est manifesté en début d’après-midi en scandant des slogans : «Les agresseurs, on n’en veut plus»; «La justice, c’est de la marde!»; «Un non, c’est non»; «Justice non sexiste»; «On te croit»… Puis les femmes ont convergé dans l’atrium où elles ont lancé un appel à l’action gouvernementale.

«Aujourd’hui, en cette journée internationale pour les droits des femmes, nous investissons le palais de justice de Québec afin de démontrer notre solidarité aux victimes d’agressions sexuelles et aux femmes victimes du système judiciaire actuel», a expliqué Marie-Ève Duchesne, porte-parole du groupe Pour une action citoyenne féministe. «Nous sommes trop nombreuses encore en 2019 à être oubliées par le système de justice.»

«On salue bien sûr l’initiative qui a lieu entre les différents partis politiques pour créer un tribunal spécialisé pour les victimes d’agressions sexuelles.» Mme Duchesne évalue toutefois que les élus devraient presser le pas.

«Il y a urgence d’agir et on est là aujourd’hui pour mettre la pression. […] Il faut vraiment créer ce tribunal, mais il ne faut pas le faire en vase clos.»

D’autres participantes à l’action éclair ont souligné que «seulement 5 % des agressions sexuelles sont dénoncées et que […] seulement 3 plaintes sur 1000 aboutissent à une condamnation de l’agresseur. Cette réalité nous dégoûte, nous révolte, nous enrage.»

Haut et fort, elles ont aussi réclamé «la fin de l’impunité des agresseurs, la fin de la banalisation des agressions, la fin de la responsabilisation des femmes victimes d’agression».

Chaîne humaine

Un peu plus tard, c’était au tour de la Coalition régionale de Québec de la Marche mondiale des femmes d’investir le palais de justice. Quelques dizaines de femmes ont réalisé «une chaîne féministe».

«Cette année, on cible le palais de justice parce que c’est assez symbolique», a déclaré la porte-parole Émilia Castro. À Montréal, l’ancien patron de Juste pour rire, Gilbert Rozon, devait comparaître vendredi pour répondre à une accusation de viol. Mme Castro y voit un exemple patent des ratés du système à bien s’occuper des victimes présumées, notamment parce qu’une seule cause a été retenue contre l’homme d’affaires alors qu’il y avait plusieurs plaignantes.

Émilia Castro avertit les politiques que «les femmes sont très mobilisées et vont continuer» tant qu’ils n’auront pas réformé la gestion des dossiers d’agressions sexuelles. «Il faut passer de la parole aux gestes concrets.»