Serge Harvey, Mario Bilodeau, Édouard Robertson et Gilles Lapointe ont présenté le rapport sur le développement d'une filière de la fourrure nordique.

7 M $ nécessaires pour une filière de la fourrure nordique

Le développement d'une filière de la fourrure nordique dans la région est souhaitable et porteur, mais sa mise en place va nécessiter un budget de sept millions $ sur cinq ans.
Le comité de travail qui s'est penché sur la pertinence de mettre en valeur l'industrie de la fourrure a déposé son rapport, lequel contient 14 recommandations. « Après le déclin de cette industrie dans les années 80, il faut positionner le Québec comme leader mondial dans le domaine de la création et des pratiques de tannage. Il faut instaurer de la recherche et développement afin d'accroître la productivité et susciter l'innovation », a déclaré le président du groupe de travail, Serge Harvey.
Déjà, le Cégep de Saint-Félicien s'est penché sur la question et un professeur a pu modifier des procédés pour abaisser les coûts de production et diminuer les risques de blessures chez les travailleurs. « Aussi, il faut rehausser l'image de marque de la fourrure en étant en mesure d'exploiter l'entièreté de l'animal en développant de nouveaux produits à partir du collagène, de l'huile, des graisses, etc. », a indiqué le directeur général du Cégep de Saint-Félicien, Gilles Lapointe. D'ailleurs, une demande sera acheminée au ministère de l'Éducation pour mettre en place un programme d'attestation d'études collégiales sur les techniques d'apprêtage de la fourrure.
Le but de la filière est aussi d'améliorer le maillage entre les communautés autochtones et allochtones. « Il faut maintenir le savoir-faire ancestral tout en y intégrant des techniques modernes. Il y a donc une importance de la mobilisation pour mettre en place une nouvelle chaîne de valeur basée sur un cadre éthique irréprochable », a mentionné l'homme d'affaires Édouard Robertson.
Même enthousiasme de la part de Bilodeau Canada. « On a tout à gagner. Il faut se battre pour la notoriété de la fourrure. On est la preuve vivante qu'il y a moyen de développer cette industrie avec plus de 90 employés et des ventes partout dans le monde. Mais il y a encore un grand travail d'éducation à faire », souligne Mario Bilodeau.
Pour assurer que l'industrie se développe, le comité suggère notamment d'impliquer tous les acteurs dans le domaine, assurer un approvisionnement stable et de qualité en fourrure sauvage, soutenir la recherche et l'innovation, assurer de la formation adéquate, développer les marchés et réaliser de la commercialisation.
Les recommandations sont claires. Par contre, pour se concrétiser, le comité devra convaincre Ottawa et Québec d'injecter des millions pour que cette filière se développe et que des emplois se créent.