70 M$ pour une usine de granules à Chapais

Pour sécuriser les 350 emplois de l’usine de sciage Barrette-Chapais, les propriétaires ont décidé d’investir 70 millions de dollars dans une usine de production de granules de bois industrielles pour transformer une bonne partie de leurs sous-produits. La nouvelle entreprise nommée Granule 777 produira 210 000 tonnes métriques de granules de bois par année, principalement pour le marché de l’exportation.

« À la base, on a créé cette nouvelle entreprise pour pérenniser les emplois de l’usine et pour se donner des alternatives de marché pour les coproduits », soutient Benoit Barette, président de Granule 777 et de l’usine Barrette-Chapais. Autrement dit, cette usine, qui transforme près d’un million de mètres cubes – un des plus gros transformateurs au Québec – produit énormément de sciures, de planures et de copeaux qui doivent être valorisés pour demeurer rentable.

« Il y a toujours eu des hauts et des bas sur le marché des copeaux, souligne de dernier, mais une chose est inévitable, la consommation de papier journal baisse, a-t-il ajouté. On a donc décidé de créer nous-mêmes une alternative. »

La majorité de l’approvisionnement de l’usine de granules proviendra donc des sous-produits de l’usine, mais la biomasse forestière résiduelle de la forêt pourrait aussi être utilisée. « On veut valoriser nos coproduits, mais on garde la porte ouverte à d’autres échanges selon la dynamique des marchés », souligne l’entrepreneur.

Granule 777 sera la première usine de production de granules de bois complètement intégrée à une scierie au Canada et la première usine de production de granules industrielles. La production sera vouée à l’exportation, car on retrouve un seul client industriel au Canada, qui ne consomme que 90 000 tonnes. L’exportation des produits se fera via le port de Grande-Anse où des investissements de plus de 15 millions de dollars seront réalisés. Selon les plans en cours, différents joueurs de l’industrie pourraient utiliser ces infrastructures pour l’exportation, mais il restait encore certains dossiers à ficeler avec le gouvernement du Québec avant d’en faire l’annonce officielle.

L’usine, qui a commencé à être construite en août dernier, devrait produire ses premiers granulés à la fin de juillet 2019 et créer une quarantaine d’emplois, dont 20 à l’usine et 20 autres dans le transport.

Ressources naturelles Canada a investi 15 millions de dollars dans le projet de plus de 70 millions, alors que DEC Canada a annoncé une contribution remboursable de cinq millions de dollars. Le gouvernement du Québec investit pour sa part sept millions.

Le nouveau ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, a profité de l’occasion pour faire une de ses premières sorties publiques. « La diversification des produits et des marchés est au cœur des solutions pour relever les défis de l’industrie des produits forestiers », a-t-il mentionné.

Paul Lefebvre, le secrétaire parlementaire d’Amarjeet Sohi, ministre des Ressources naturelles du Canada, a pour sa part mentionné que « l’innovation dans le secteur forestier nous aidera à combattre les effets des changements climatiques, à ouvrir de nouveaux marchés pour les entreprises forestières canadiennes et à assurer la création et le maintien de bons emplois pour les Canadiens ».