68 millions de livres de bleuets

Plus de 68 millions de livres de bleuets ont été récoltées en 2019. Alors que la récolte totale affiche un rendement moyen, certains producteurs ont connu une saison désastreuse ; d’autres, une saison record.

Le Syndicat des producteurs de bleuets du Québec (SPBQ) a dévoilé que 68 264 443 livres de bleuets ont été récoltées sur le territoire du Plan conjoint, toutes catégories confondues.

« Ce n’est pas mauvais, mais c’est beaucoup moins que l’année record de 2016 où on avait récolté plus de 100 millions de livres, remarque Daniel Gobeil, président du SPBQ. C’est peu élevé quand on considère que plusieurs bleuetières implantées en 2006 sont maintenant à maturité. »

Selon ce dernier, les résultats ont été très variables d’une bleuetière à l’autre, car la sécheresse a frappé plus durement certains secteurs, comme ce fut le cas à La Doré.

« J’ai récolté 51 000 livres dans ma bleuetière à La Doré, alors que j’en avais récolté 213 000 livres en 2016, remarque le président du SPBQ. Pourtant, certains producteurs d’Albanel ont battu leur record avec des rendements atteignant 5000 livres à l’acre . »

C’est l’entreprise Bleuets sauvages du Lac-Saint-Jean qui a accaparé la plus grande quantité de bleuets en achetant 40 millions de livres au Québec. « C’est une année dans la moyenne », soutient Pascal Hudon, directeur des usines, en ajoutant que certains clients auraient voulu en acheter davantage.

Il a été impossible de parler aux responsables de Bleuets Mistassini pour connaître la quantité exacte de bleuets transformés par ce gros transformateur.

À sa première année, la Congèlerie L’Héritier de Normandin a pour sa part récolté 7,2 millions de livres de bleuets, soit un peu moins que l’objectif de 8 millions avant la saison de récolte, a soutenu Émilie Gaudreault, porte-parole de l’organisation qui est née d’un regroupement de producteurs souhaitant créer davantage de valeur avec leurs petits fruits. « On est très fiers du résultat étant donné que dame Nature est venue chambouler les chiffres de récolte », dit-elle.

Après avoir réalisé un premier tour de roue, des modifications devront être faites pour optimiser la ligne de traitement, notamment pour atteindre la vitesse de congélation souhaitée. Au cours des prochaines semaines, l’entreprise se concentre sur la calibration et l’emballage des produits, et à obtenir des certifications importantes. Quelques ventes ont été réalisées et des pourparlers sont en cours avec plusieurs clients pour écouler la première production de l’usine. En plus du bleuet, l’usine a aussi congelé du cassis, de la camerise et des gourganes. La congélation de canneberge commencera sous peu.

Nutrableu, une entreprise qui commercialise du bleuet frais, a pour sa part mis en marché 720 000 livres de bleuets.

La récolte en forêt en chute libre

À peine un million de livres de bleuets ont été récoltées cette année en forêt. Entre 2010 et 2015, près de six millions de livres de bleuets étaient cueillies en moyenne chaque année.

La récolte sauvage est donc en chute libre, car plus de 13 millions de livres avaient été cueillies en forêt en 2011.

L’augmentation des superficies cultivées et des opportunités d’emplois dans la région explique en partie cette diminution, mais les nouvelles normes imposées par l’Agence du revenu du Canada, qui exige désormais une preuve d’achat, a empiré la situation, estime Daniel Gobeil. « Les gens qui sont sur le chômage, sur l’aide sociale ou en arrêt de travail avec la CNESST ne vont plus cueillir avec ces normes-là », dit-il.

Avec la baisse du nombre de cueilleurs, Bleuets sauvages du Québec avait déjà réduit le nombre d’acheteurs en forêt, remarque Jean-Eudes Senneville, un dirigeant de l’entreprise. « La location de camions réfrigérés et les salaires nous coûtent très cher et les rendements ne sont plus là », a-t-il commenté, en prévoyant que la récolte continuera de baisser.

Selon Pascal Hudon, directeur des usines, le petit nombre de gros feux de forêt et les nouvelles pratiques forestières, qui réduisent le scarifiage, font en sorte qu’il y a moins de territoires propices à la récolte.