54 M$ pour l’enseignement supérieur

Le gouvernement du Québec va accorder aux petites universités en région, aux collèges et à la formation professionnelle une aide financière annuelle de 54 M$ par année sur une période de cinq ans afin de soutenir l’enseignement supérieur.

Cette mesure budgétaire additionnelle devrait permettre de corriger en totalité ou en partie les effets de l’adoption d’une nouvelle règle de financement pour les universités. L’adoption de ces nouvelles règles avait provoqué une levée de boucliers alors que l’UQAC voyait son avenir compromis par une réduction de son financement de base.

Pour les universités, Québec accorde une somme de 15 M$ par année. L’argent sera réparti entre les neuf universités situées dans les régions du Québec regroupées sous l’Université du Québec (incluant l’ÉNAP et l’INRS), et Bishop dans les Cantons-de-l’Est. Selon les informations transmises par les fonctionnaires du ministère des Finances, le gouvernement avait alloué 7,5 M$ en 2018-2019 pour corriger temporairement le déséquilibre et y va d’une somme récurrente de 15 M$ pour les cinq prochaines années.

Deux critères

Toujours selon les informations recueillies dans le cadre du huis clos du budget, le financement sera accordé dans les universités en fonction de deux critères. Des sommes seront allouées en fonction du nombre d’étudiants et le second volet touchera les particularités locales. Ce qui comprend du financement pour compenser une partie des coûts fixes plus élevés dans un établissement dont la clientèle est moins nombreuse.

Le gouvernement caquiste considère que cette problématique spécifique aux régions a aussi des effets pervers dans le financement des collèges. Les cégeps en région vont se partager 29 M$ par année pour les cinq prochaines années. Les règles de partage seront les mêmes que celles des universités et tiendront compte de la clientèle et des coûts fixes.

Finalement, Québec injectera 5 M$ par année pour adapter la formation professionnelle aux besoins du marché du travail dans les régions. Une autre tranche de 5 M$ sera allouée pour déployer des mesures en formation professionnelle, pour une enveloppe globale de 50 M$ sur 5 ans.

+

DES MILLIONS POUR L'ACCÈS À INTERNET HAUTE VITESSE

(Louis Tremblay) — Les municipalités de la région dont le territoire n’est toujours pas desservi par une bande Internet haute vitesse pourraient avoir accès à ce service au cours des prochaines années alors que le gouvernement investira 305 M$ sur trois ans dans ce secteur.

« Dans le cadre d’un processus d’appel de projets qui sera lancé au cours des prochains mois, le nouveau programme Québec haut débit offrira un financement aux projets les plus prometteurs. »

Le gouvernement du Québec entend travailler conjointement avec les MRC pour mener à bien les projets d’infrastructures numériques haute vitesse. 

Le gouvernement fédéral doit également investir dans ce domaine.

Québec souhaite répondre aux besoins pour le service Internet haut débit ainsi que le complément d’un réseau cellulaire efficace.

7,5 M$ pour le projet de rail 

Le projet QcRail, qui nécessitera des investissements de plus d’un milliard de dollars, franchira une nouvelle étape alors que Québec alloue une somme de 7,5 M$ pour la réalisation d’une étude de faisabilité.

Le projet initié par la société de développement économique de Baie-Comeau consiste à construire une voie ferrée entre Dolbeau-Mistassini et le parc industriel de Baie-Comeau. 

Les promoteurs veulent ainsi créer un lien ferroviaire pour raccorder le centre du Canada au port en eau profonde de Baie-Comeau.

Il permettrait en gros de diminuer de six jours le temps de transport entre le point de départ dans l’Ouest canadien et la livraison de la marchandise dans les ports d’Europe.

Le mandat de réaliser cette intervention a été confié à la Société du Plan Nord. 

Le document budgétaire souligne que le secteur privé et le gouvernement fédéral seront également invités à participer au financement de cette étude.

+

PAS DE MESURES POUR LES RÉGIONS, DÉPLORE GAUDREAULT

(Stéphane Bouchard) — Le premier budget du gouvernement caquiste amène plus de questions qu’il n’apporte de réponses, croit le député péquiste de Jonquière, Sylvain Gaudreault.

Selon lui, le budget du ministre des Finances, Éric Girard, comporte peu d’éléments qui s’adressent aux régions en général et au Saguenay-Lac-Saint-Jean en particulier. 

«On a annoncé des sommes qui étaient déjà connues. Une bonne partie du budget, c’est d’expliquer ce qui existe déjà. Il n’y a pas d’engagements et de politiques clairs», affirme M. Gaudreault.

Il déplore en entrevue que le gouvernement mette tous ses oeufs dans les paniers des maternelles 4 ans. 

«On a des infrastructures sportives dans ma circonscription qui ont besoin d’être rénovées et qui permettraient de démocratiser le sport», dit le député à propos du Patro de Jonquière. 

«On n’est pas plus avancé aujourd’hui», ajoute-t-il.

Engagements

M. Gaudreault trouve que le budget ne respecte pas l’engagement de la CAQ de décentraliser des fonctionnaires vers les régions. Dans le même ordre d’idée, le député espère que les nouveaux montants alloués à Investissement Québec ne se concentrent pas dans les grandes villes. 

«Il n’y a pas un mot sur la manière dont ça va être géré», précise le député, proposant que l’on accorde cet argent à des entreprises qui sont en prédémarrage.

Sylvain Gaudreault, qui voulait que l’on tienne compte des réalités des villes comme Saguenay dans le financement du transport en commun, a été déçu de voir que son souhait n’avait pas été exaucé. 

Il souligne que les règles d’attribution des budgets pour financer les transports collectifs ne sont toujours pas connues, et que l’environnement en général est l’un des parents pauvres du premier budget caquiste.