Un total de 114 demandes d’aide médicale à mourir ont été formulées depuis 2015 dans la région.

54 demandes d'aide médicale à mourir en un an

Le nombre de demandes d’aide médicale à mourir continue d’augmenter alors que 54 demandes ont été formulées, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, entre le 1er avril 2018 et le 31 mars 2019. De ce nombre, 41 personnes en situation de fin de vie ont pu compléter le processus.

Un total de 114 demandes d’aide médicale à mourir ont été formulées depuis le 10 décembre 2015, soit depuis l’entrée en vigueur de la Loi concernant les soins de vie. De ce nombre, 75 demandes ont été administrées et 39 n’ont pu l’être pour diverses raisons. Ainsi, 65,79 % des demandes d’aide médicale à mourir ont été administrées pendant cette période.

Les demandes d’aide médicale à mourir non complétées s’expliquent en majorité par le décès du patient (43,59 %). Plusieurs autres motifs existent, dont le changement d’avis de la part du patient, l’inaptitude ou le début de confusion ou le fait que le patient ne répond pas aux critères.

« On est tenu d’offrir aux patients les options thérapeutiques. Souvent, les gens ont entendu parler de l’aide médicale à mourir. Ils nous arrivent et demandent cela. Quand on leur offre les autres alternatives, ça arrive parfois qu’ils nous disent ne pas savoir que la sédation palliative continue existait et ça devient leur choix », affirme la médecin-conseil pour le Centre intégré universitaire de santé et services sociaux du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Dre Céline Benoît. Les 13 demandes non administrées lors de la dernière année s’expliquent par le décès de 11 personnes. Deux autres individus ont changé d’avis dont une personne qui a été transférée en maison de soins palliatifs et une autre qui a fait le choix d’une administration de sédation palliative continue. Le rapport fait également état de 22 sédations palliatives continues administrées pendant la même période.

« Nous sommes obligés d’offrir toutes les options au patient en fin de vie. Les soins palliatifs traditionnels en font partie. La sédation palliative continue est connue depuis fort longtemps chez les gens qui font des soins palliatifs. Avant, nous n’étions pas obligés de le déclarer. Il n’y avait pas de formulaire pour le client. Ce n’est pas une nouveauté, c’est qu’elle est maintenant encadrée », précise Dre Céline Benoît.

Une section du site Internet du CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean est dédiée aux soins palliatifs et aux soins de vie. De l’information relative aux directives médicales anticipées ainsi que le formulaire rattaché s’y retrouvent également.

« Quand je fais des conférences, aujourd’hui, ce qui intéresse le plus les gens, ce sont les directives médicales anticipées », souligne Dre Benoît. Celle-ci assure que l’option relativement peu connue gagne en popularité. « Il y a eu de la publicité qui a été faite par le ministère, celle-ci a eu lieu en même temps que ce branle-bas sociétaire sur l’aide médicale à mourir [...] Quand tu en entends parler, tu penses à tes parents vieillissants ou même à toi. Cela évite bien des troubles alors qu’il y a des décisions difficiles à prendre », ajoute-t-elle.

Les rapports concernant les soins de fin de vie allant du 10 décembre 2015 au 31 mars 2019 sont accessibles comme l’exige la Commission sur les soins de fin de vie.

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QUI PEUT RECEVOIR L'AIDE MÉDICALE À MOURIR

Les personnes qui se retrouvent en fin de vie et qui souhaitent se prévaloir de l’aide médicale à mourir afin d’apaiser leurs souffrances doivent répondre à plusieurs conditions.

Ils doivent être âgés d’au moins 18 ans et être assurés au sens de la Loi sur l’assurance maladie du Québec. Les conditions comprennent le fait « d’être apte à consentir aux soins, c’est-à-dire être en mesure de comprendre la situation et les renseignements transmis par les professionnels de la santé ainsi que de prendre des décisions ». Les patients doivent se retrouver en fin de vie et être atteints d’une maladie grave et incurable. Un déclin avancé et irréversible de leurs capacités est observé. 

Ils doivent également « éprouver des souffrances physiques ou psychologiques constantes, insupportables et qui ne peuvent être apaisées dans des conditions jugées tolérables ».

L’absence de l’une de ces conditions chez un patient entraînera automatiquement un refus de sa demande. En revanche, il pourra en formuler une autre advenant un changement quant à sa condition.

En vertu de la Loi, le médecin a également l’obligation de respecter une liste de conditions avant d’administrer l’aide médicale à mourir. Cela comprend notamment l’avis d’un second médecin indépendant quant au respect des conditions d’obtention de l’aide médicale à mourir.

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DROIT DE REFUS DES MÉDECINS

La Loi concernant les soins de fin de vie permet aux médecins de refuser d’administrer l’aide médicale à mourir à un patient. « Ce ne sont pas tous les médecins qui font de l’urgence et ce ne sont pas tous les médecins qui doivent administrer l’aide médicale à mourir, fait remarquer la médecin-conseil du CIUSSS, Dre Céline Benoît. Collectivement, il faut s’arranger pour offrir le service ». 

Celle-ci assure qu’un filet de sécurité se met en place dans le système afin de pallier au refus des professionnels. « Notre responsabilité, c’est de s’assurer qu’il y a des gens disponibles. La loi prévoit qu’un médecin puisse dire non. Chacun des territoires du Saguenay-Lac-Saint-Jean tend à se faire un modèle d’organisation afin de répondre à la demande des patients », précise-t-elle. 

Céline Benoît explique que les raisons à l’origine du refus des médecins sont validées. Un accompagnement est notamment offert à ceux qui doivent « franchir le mur de la première fois ».