La concurrence dans l’industrie de la congélation du bleuet sauvage force 50 mises à pied hâtives.
La concurrence dans l’industrie de la congélation du bleuet sauvage force 50 mises à pied hâtives.

50 mises à pieds hâtives chez Bleuets sauvages du Québec

La récolte moyenne de bleuets à l’été 2019 jumelée à une plus grande concurrence, avec l’arrivée de la Congèlerie l’Héritier, a forcé 50 mises à pied hâtives dans les usines de congélation de Bleuets sauvages du Québec.

En 2019, Bleuets sauvages du Québec ont acheté 46 millions de livres de bleuets, alors que l’entreprise en transforme généralement entre 50 et 55 millions de livres, soutient Pascal Hudon, directeur des usines de congélation de Bleuets sauvages du Québec. « La saison de récolte a été moyenne et les volumes traités par la Congèlerie l’Héritier a eu un impact à la baisse sur nos achats », estime ce dernier.

L’usine de congélation de Dolbeau-Mistassini est particulièrement touchée par la réduction du volume, ajoute-t-il. Au lieu de fonctionner avec 24 employés pendant tout l’hiver, seulement trois personnes y travaillent en ce moment. À Saint-Félicien, l’usine tourne également au ralenti, alors que l’usine de Saint-Bruno a éliminé le quart de travail de soir pour s’ajuster. Au total, une cinquantaine de personnes seraient affectées, remarque Pascal Hudon.

De ce nombre, une trentaine d’employés ne travaillent pas toute l’année, mais ils sont généralement à l’emploi jusqu’au printemps. « C’est la première fois que nos employés seront au chômage aussi longtemps. Avec le manque de main-d’œuvre criant partout dans la région, on va peut-être perdre beaucoup de notre monde », mentionne l’homme qui embauche 150 personnes à plein temps en temps normal et jusqu’à 450 employés lorsque les usines fonctionnent à plein régime pendant la récolte.

Pour pallier la baisse de régime, l’entreprise envisage différentes opportunités. « On regarde pour aller chercher d’autres produits qu’on pourrait emballer pour faire travailler nos gens », note Pascal Hudon. De tels contrats sont toutefois difficiles à envisager étant donné que la priorité des usines sera toujours de transformer les bleuets. « Si on a une grosse année l’an prochain, on ne pourra pas emballer d’autres produits », ajoute-t-il.

Un nouveau joueur qui brasse les cartes

Durant la dernière saison de récolte, la Congèlerie l’Héritier, qui est la propriété d’une trentaine de producteurs de bleuets, a acheté 7 millions de livres de bleuets. En ce moment, entre 9 et 12 personnes y travaillent pour congeler des bleuets et des gourganes en alternance.

Chez Bleuets Mistassini, l’arrivée du nouveau joueur ne se fait pas trop sentir pour l’instant, estime Mario Bussière, codirecteur chez Bleuets Mistassini. « Chaque année, les récoltes fluctuent et il faudra plusieurs années avant de voir si la nouvelle usine aura un impact sur nos activités », a-t-il souligné.