Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
« La pandémie mondiale nous a permis de réaliser beaucoup de choses, notamment au niveau de l’autonomie alimentaire », a commenté Éric Dubé, le président directeur général des Serres Toundra.
« La pandémie mondiale nous a permis de réaliser beaucoup de choses, notamment au niveau de l’autonomie alimentaire », a commenté Éric Dubé, le président directeur général des Serres Toundra.

50 M$ pour la troisième phase des Serres Toundra [PHOTOS]

Guillaume Roy
Guillaume Roy
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
Article réservé aux abonnés
L’aide du gouvernement pour doubler la superficie des cultures en serres a accéléré le plan d’investissements des Serres Toundra. Alors que la deuxième phase vient tout juste de produire son premier lot de concombres, la phase 3, qui nécessite des investissements de 50 millions de dollars, est déjà entamée. Cette nouvelle phase, qui créera 55 emplois, sera construite à cheval entre les villes de Saint-Félicien et de Normandin.

La phase 2 des Serres Toundra s’est terminée il y a deux semaines et la phase 3 est déjà démarrée, alors que les pelles et autres machineries travaillent à niveler le terrain. Avec cette troisième phase de construction de 8,5 hectares de serres, l’entreprise comptera 25,5 hectares en production à compter de novembre 2021, en plus d’une pouponnière de 2,5 hectares, qui leur permettra de produire leurs propres plants.

« La pandémie mondiale nous a permis de réaliser beaucoup de choses, notamment au niveau de l’autonomie alimentaire, a commenté Éric Dubé, le président-directeur général des Serres Toundra, en conférence de presse, mercredi. Le gouvernement du Québec a agi rapidement, autant au niveau des rabais électriques que pour son encouragement à stimuler l’industrie des serres. »

Les promoteurs ne savent pas encore quelle culture sera faite dans la phase 3. Des tests sont en cours. Les concombres, tomates, fèves et poivrons sont en lice.

Le gouvernement versera 30 millions de dollars dans le projet, grâce à un prêt octroyé par Investissement Québec, a confirmé le ministre de l’Agriculture, des Pêches et de l’Alimentation du Québec, André Lamontagne, par vidéoconférence. « La stratégie de développement des serres, déposée la semaine dernière, vise à doubler la production de fruits et légumes en serres au Québec », a commenté le natif de Saint-Félicien, qui croit que les Serres Toundra transformeront le tissu social et la vitalité de la municipalité.

Investissement Québec accorde un prêt de 30 M$ aux Serres Toundra. Justin Savaria, le directeur principal d’Investissement Québec, qui est un partenaire des Serres Toundra depuis le début, a souligné le travail « exceptionnel » effectué par l’entreprise pour améliorer sa compétitivité, en misant sur l’automatisation et les technologies de pointe.

Le programme annoncé par Québec fait en sorte que les gros producteurs en serre ont accès à un rabais d’électricité pouvant atteindre 40%, sous condition d’investir au moins trois millions de dollars. Les Serres Toundra seront éligibles à ce tarif préférentiel, ce qui permettra de diminuer la facture d’électricité jusqu’à 20 millions de dollars sur huit ans, dès que la phase 3 sera terminée, vers novembre 2021, fait remarquer Éric Dubé.

Même si l’annonce de Québec n’a été faite que la semaine dernière, l’équipe de Serres Toundra était bien au fait que des programmes étaient en gestation, admet le promoteur, d’autant plus qu’une demande avait été faite à la Régie de l’énergie. « Avec la pandémie, on a vu le vent de changement qui s’amorçait et on a décidé de devancer le projet d’investissement », dit-il. Les rabais électriques ont donc facilité le montage financier, auquel a également participé Desjardins.

175 M$ d’investis en 4 ans

Avec des investissements de 50 millions de dollars pour la phase 3, ce sont 175 millions qui ont été investis dans le projet depuis ses débuts en 2016. Même si les équipements sont achetés outremer, principalement aux Pays-Bas, près de 15 millions de dollars seront investis localement, dont 10 millions de dollars pour Frigon électrique de Normandin.

« On mise sur le transfert de connaissances, pour former des gens localement sur les systèmes électriques en serre qui sont complètement différents, souligne Éric Dubé. Ça permettra à l’industrie québécoise de se démarquer dans le futur. » Ce dernier souligne qu’une équipe de Frigon électrique a été formée aux Pays-Bas pour l’occasion. Rappelons que Produits forestiers Résolu détient 49% des parts de l’entreprise.

Justin Savaria, le directeur principal d’Investissement Québec, qui est un partenaire des Serres Toundra depuis le début, a souligné le travail « exceptionnel » effectué par l’entreprise pour améliorer sa compétitivité, en misant sur l’automatisation et les technologies de pointe.

Pour la première phase de construction des serres, le gouvernement du Québec avait octroyé une garantie de prêt, pour un montant maximal de 23 millions de dollars, et une garantie de marge de crédit à 50%, pour une somme maximale de 2 millions de dollars. Pour la deuxième phase, un prêt de 8 millions de dollars a été accordé.

La construction de la phase 3 créera 55 nouveaux emplois. Idéalement, l’entreprise aimerait combler les besoins localement, mais elle se tournera vers la main-d’oeuvre étrangère si nécessaire.

La phase 3 créera 55 emplois, venant s’ajouter aux 180 employés actuels, dont 150 travailleurs étrangers. « Les postes sont ouverts à tous et ça nous ferait plaisir d’embaucher plus de main-d’oeuvre locale, a commenté Éric Dubé. Quand on n’est pas capable de combler nos besoins, on fait appel à la main-d’œuvre étrangère. »

Les Serres Toundra, qui produisent des concombres et des fèves pour l’instant, n’ont pas encore décidé ce qui poussera dans le nouveau complexe. Des tests sont en cours avec des poivrons et la production de tomates est évaluée.

Le maire de Saint-Félicien, Luc Gibbons, a tenu à souligner la croissance exceptionnelle de l’entreprise qu’il qualifie de « fleuron local », qui rayonne sur toute la région et même sur toute la province. « Implanter une entreprise de classe mondiale en agroalimentaire dans une région éloignée comme la nôtre, ce n’est pas rien », a-t-il commenté, en ajoutant que les promoteurs ont réussi à confondre les sceptiques qui s’opposaient au projet.

+ DES EFFORTS DURABLES EN BREF

Luc Gibbons se réjouit de voir que les promoteurs des Serres Toundra ont réussi à confondre les sceptiques.

• Depuis la mise en place de ses installations, il y a quatre ans, les Serres Toundra ont utilisé presque exclusivement l’eau de pluie pour répondre à leurs besoins. L’eau est récupérée et recirculée.

• 80 millions d’attaches de plastiques, qui servent à attacher les plants, ont été remplacées par des attaches en acier biodégradables. La corde est aussi faite en matériau biodégradable et ne contient aucun plastique.

• L’eau chaude produite par l’usine de Produits forestiers Résolu, en arrière-plan, est réacheminée vers les serres, ce qui permet de combler plus de 25% des besoins de chauffage, réduisant ainsi la consommation de gaz naturel.

• À compter du printemps 2021, le système de récupération de CO2 devrait être à point pour faire de nouveaux tests.

La deuxième phase a été complétée il y a seulement deux semaines.